CINETUDES
Vendredi 16 Mai 2008
12:36

Aldrich : Présentation - 2e (1955/1962)

Après World for Ransom, Apache et Vera Cruz, voici la suite de la présentation de la carrière de Robert Aldrich.




KISS ME DEADLY (En Quatrième Vitesse)

Aldrich : Présentation - 2e  (1955/1962)
Etats-Unis - 1955

Réalisation : Aldrich Robert - Scénario : Bezzerides Albert I. d'après le roman de Mickey Spillane

Avec : Meeker Ralph, Dekker Albert, Stewart Paul, Hernandez Juano, Addy Wesley, Rodgers Gaby, Carr Mariann, Cooper Maxine, Leachman Cloris

Image : Laszlo Ernest - Direction artistique : Glasgow William - Décors : Bristol Howard - Montage : Luciano Michael - Son : Solomon Jack - Musique : De Vol Frank - Production : Aldrich Robert, Saville Victor (producteur exécutif)

Kiss Me Deadly est l'adaptation totalement sublimée d'un roman de Mickey Spillane ayant pour héros le détective Mike Hammer. Ce dernier est plongé dans une enquête labyrinthique mêlant truands, femmes fatales et policiers, trahisons et double jeu, manipulation et coups de théâtre, poursuites et bagarres, le tout dans une atmosphère nocturne mystérieuse et inquiétante. Bref, tous les ingrédients du film noir sont ici réunis, dans la plus pure exhaustivité. Mais Robert Aldrich et son scénariste A.I. Bezzerides, font littéralement imploser le genre, faisant d'En Quatrième Vitesse un météorite cinématographique sans égal.


Aldrich : Présentation - 2e  (1955/1962)
La première idée de génie, est de faire de Mike Hammer un héros comme les aime Aldrich, c'est à dire totalement détestable : obtus, violent, primaire, machiste… Dès le début du film, tout est dit sur le personnage lorsqu'une femme en fuite recueillie sur le bord de la route le décrit comme étant superficiel et totalement égoïste, ce qui ne fera qu'être confirmé par la suite. Robert Aldrich détestait Mickey Spillane, considérant ses livres comme fascisants, et le Mike Hammer qu'il renvoit dans son film est "un esprit antidémocratique, un fasciste" incarné ici par Ralph Meeker, acteur auparavant abonné aux rôles de truands. Mais comme Aldrich déteste le manichéisme, Mike Hammer a également de bons côtés (il aide sans raison la fugitive du début) et cet homme solitaire remporte plusieurs fois notre adhésion. Paradoxale identification du spectateur qui ne peut s'empêcher d'aimer cette crapule sans idéal, mais jusqu'au-boutiste, plongé dans une quête vide de sens et dont le seul but est d'avancer envers et contre tout.

Dans un deuxième temps, en remplaçant (ne pas lire la suite si vous n'avez pas vu le film) la drogue du roman, élément moteur de l'intrigue, par une substance radioactive, les auteurs achèvent de transformer un film noir classique en l'inoubliable parabole d'une Amérique paranoïaque hantée par le spectre du nucléaire (le célébrissime "Projet Manhattan, Los Alamos, Trinity"). On est alors en pleine guerre froide, et le film est le témoin d'une société gangrénée par la peur, où les dirigeants sont prêts à toutes les manipulations, toutes les compromissions, afin de contrer "l'ennemi", abandonnant ainsi tout sens moral. On savait Robert Aldrich farouche opposant au maccarthysme, on le découvre ici témoin impitoyable d'une Amérique sombrant dans la folie. Ce n'est que lorsque Mike Hammer découvrira la véritable identité de cette "boîte de Pandore" , qu'il perdra pour la première fois son sang-froid, et sera submergé d'une peur panique, sombrant presque dans la démence. Cette folie, le spectateur la ressent dès le pré-générique, sublime, où Christina, seulement vêtue d'un imperméable, court sur une route déserte perdue dans une nuit impénétrable. Puis sur une chanson de Nat King Cole, avec en surimpression les soupirs de Christina, le générique défile, mais à l'envers ! Aldrich est familier de ces entrées en matière chocs, qui immergent immédiatement le spectateur dans l'univers du film.

Aldrich : Présentation - 2e  (1955/1962)
Cadrages bizarres, plongées/contre-plongées très appuyées, contrastes entre des zones d'ombres et des visages ou des objets savamment mis en valeur, profondeur d'une nuit opaque seulement trouée par des lumières aveuglantes (celle de la boîte en est le plus parfait exemple), la mise en scène de Robert Aldrich, aidé par un Ernest Laszl au sommet de son art, concourt à nous plonger irrémédiablement dans ce cauchemar éveillé. On pense bien sûr à la maestria d'un Orson Welles, référence avouée de Robert Aldrich. Le rythme haletant, le fait que l'on ne peut que suivre médusés le parcours d'un Mike Hammer toujours en avance sur le spectateur, la suite ininterrompue de scènes chocs allant crescendo, les retournements de situations, les inversions de rôles, accentuent encore notre panique dans cette descente aux enfers implacable. La bande son due à Jack Solomon, un autre familier de Robert Aldrich, participe également de ce sentiment : bruits suramplifiés (respirations, bruits de rue…) ou encore cris inhumains de femmes torturées ou brûlées vives.

Robert Aldrich met en place pour ce film une équipe avec laquelle il travaillera pendant la période la plus faste de sa carrière : Michael Luciano au montage, Frank DeVol pour la musique et William Glasgow en tant que directeur artistique. C'est la convergence de tous ces talents, alliée à la virtuosité sans faille et l'intelligence constante d'une mise en scène sublime au service d'un scénario riche et profond, qui font de Kiss Me Deadly un sommet du film noir, et au-delà, du cinéma en général. Une œuvre indispensable et inépuisable.

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THE BIG KNIFE (Le Grand Couteau)

Aldrich : Présentation - 2e  (1955/1962)
Etats-Unis - 1955

Réalisation : Aldrich Robert - Scénario : Poe James d'après la pièce de Clifford Odets

Avec : Palance Jack, Lupino Ida, Steiger Rod, Winters Shelley, Addy Wesley, Corey Wendell

Image : Laszlo Ernest - Direction artistique : Glasgow William - Décors : Boyle Edward G. - Son : Solomon Jack - Montage : Luciano Michael - Musique : De Vol Frank - Production : Aldrich Robert

Charlie Castle était un acteur téméraire, brillant et audacieux. Mais il a signé un pacte avec le diable en se liant par un contrat de sept années à un producteur omnipotent. C'est un homme brisé, qui à la veille de la reconduction de son contrat veut trouver le courage de faire éclater ses chaînes.

Charge féroce contre un Hollywood complètement vendu au ieu argent, Le Grand Couteau oppose deux hommes, et au-delà deux conceptions du cinéma : un acteur anéanti (Jack Palance admirable, certainement dans son plus grand rôle) aux idéaux détruits, devenu lâche et dépendant d'un système impitoyable et corrupteur ; et un producteur tyrannique, condensé des trois plus grands nababs hollywoodiens, Louis B. Meyer, Jack Warner et Harry Cohn, incarné par un Rod Steiger effrayant. Au delà d'une démystification du monde du cinéma, Robert Aldrich réalise un plaidoyer bouleversant sur la liberté individuelle menacée par le diktat du pouvoir sous toutes ses formes, totalitaire, économique, psychologique.

C'est un thème qui lui est cher, de Bronco Apache au Démon des Femmes, d'Attaque à Baby Jane. Comme toujours, Aldrich rend ses personnages plus complexes et profonds qu'il n'est coutume de le faire. Même s'ils sont emblématiques d'un souci politique ou social, ils n'en demeurent pas moins des portraits éminemment justes, confortés en cela par une direction d'acteurs touchant au magique. Ainsi le producteur du film est un être profondément humain, parfois attachant, et ce malgré sa monstruosité. Loin d'adoucir son propos, en nuançant les méchants de ses films, Aldrich réussit à nous expliquer les circonstances qui les amènent à des actes ou des positions immorales. Il ne dénonce pas, mais démontre. C'est toujours l'inconfort du spectateur que vise le cinéaste. Par ce procédé (et d'autres qu'il explorera plus tard) il l'amène à réfléchir sur ses sentiments instinctifs, voire à les combattre pour ensuite les conforter.

Le film est tiré d'une pièce de Clifford Odets (adaptée très fidèlement par James Poe, scénariste inégal dont les deux réussites majeures sont ce Grand Couteau et Attaque, le film suivant d'Aldrich), auteur progressiste qui peint à travers le destin de cet acteur qui a capitulé devant le système, son propre cheminement qui l'a amené à ployer devant la commission des activités anti-américaines. Très théâtral, ce qui sera une constante dans l'œuvre à venir de Robert Aldrich (Attaque, Baby Jane…) le film est un huis clos claustrophobique : personnages prisonniers d'un décor unique (le luxueux living-room de la star) où ils évoluent comme des insectes dans une cage, écrasés à l'image par un plafond bas et oppressant (encore une leçon d'Orson Welles). Un film magnifique, qui transcende les conventions, les artifices et les dialogues purement théâtraux par une mise en scène étouffante et une interprétation inoubliable.

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ATTACK ! (Attaque !)

Aldrich : Présentation - 2e  (1955/1962)
Etats-Unis - 1956

Réalisation : Aldrich Robert - Scénario : Poe James d'après la pièce "Fragile Fox" de Norman Brooks

Avec : Palance Jack, Albert Eddie, Marvin Lee, Smithers William, Strauss Robert, Van Eyck Peter, Ebsen Buddy, Slithers William

Image : Biroc Joseph - Direction artistique : Glasgow William - Décors : Daniels Glen - Son : Solomon Jack - Montage : Luciano Michael - Musique : De Vol Frank - Production : Aldrich Robert, Blake Walter (producteur associé)

Pendant la deuxième guerre mondiale, un bataillon d'infanterie américain est assigné à une zone stratégique face aux soldats allemands. Le lieutenant Costa prend conscience que son capitaine est un lâche, et qu'il ne doit son poste qu'à des accointances avec l'autorité militaire.

Jack Palance est de nouveau magistral dans le rôle d'un lieutenant dont la probité le pousse à s'opposer à sa hiérarchie afin de sauver ses hommes, porte-parole d'un Robert Aldrich toujours aussi entier dans sa haine du pouvoir. C'est encore un personnage qui va devoir se battre jusqu'au bout pour ses idéaux, jusqu'à la mort si nécessaire. Pour le cinéaste, il n'y a pas de destin immuable, chacun peut et doit agir afin de briser la fatalité, et l'on se doit de prendre la mesure des sacrifices qu'acceptent ces personnages. Le scénario adapté d'une pièce de Norman Brooks par James Poe, déjà scénariste du Grand Couteau , n'évite pas les longs dialogues explicatifs, mais Attaque !, par la grâce d'une mise en scène choc et d'un montage convulsif, s'affranchit des contraintes du théâtre filmé. Dès le pré-générique, flamboyant, Robert Aldrich nous plonge au cœur même de la guerre, nous faisant ressentir physiquement les souffrances et les peurs de ces hommes plongés dans un conflit qui les dépasse.

Aldrich : Présentation - 2e  (1955/1962)
On retrouve après Alerte à Singapour, le chef opérateur Joseph F. Biroc, qui suivra à quelques exceptions près le cinéaste jusqu'à la fin de sa carrière. Avec William Glasgow comme directeur artistique, Michael Luciano au montage et Frank DeVol comme compositeur, Aldrich forme une équipe technique fidèle et cohérente qui lui permet de trouver le soutien nécessaire à la construction d'une œuvre riche et passionnante.

Déjà producteur de ses films, il appuie son indépendance en créant la maison de production Associates and Aldrich, dont il fera un véritable studio suite au succès des Douze Salopards. Hollywood, voyant d'un mauvais œil un cinéaste posséder sa propre compagnie, et certainement offensée par la vision cynique du Grand Couteau, n'aura de cesse de faire ployer Aldrich et finira par l'obliger à se séparer de son studio.

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THE LAST SUNSET (El Perdido)

Aldrich : Présentation - 2e  (1955/1962)
[Etats-Unis - 1961

Réalisation : Aldrich Robert - Scénario : Trumbo Dalton d'après le roman "Sundown at Crazy Horse" de Howard Rigsby

Avec : Hudson Rock, Douglas Kirk, Malone Dorothy, Cotten Joseph, Lynley Carol, Brand Neville, Toomey Regis, Fulton Rad, Williams Adam, Elam Jack, Shay John

Image : Laszlo Ernest - Musique : Gold Ernest - Production : Frenke Eugene, Lewis Edward

En 1957, Robert Aldrich est congédié par Harry Cohn du tournage de Racket dans la Couture. L'histoire veut que le nabab de la Columbia se soit (enfin) reconnu dans le portrait au vitriol du Grand Couteau. Expatrié par les studios sur des tournages en Europe, il s'enlise dans la réalisation des médiocres Trahison à Athènes et Tout près de Satan. C'est Kirk Douglas, producteur connu pour son audace et son courage, qui le choisit pour réaliser El Perdido. Le scénario est écrit, à la demande de l'acteur, par Dalton Trumbo . Son statut de blacklisté lui interdisait alors de travailler pour les grands studios. C'est déjà Kirk Douglas qui lui permettait l'année précédente de signer Spartacus , faisant ainsi fi de la subordination au maccarthysme. Le choix de Robert Aldrich pour mettre en scène le film est loin d'être innocent, le réalisateur étant connu pour ses idées libérales et son refus de se compromettre avec le système. De plus, il avait signé avec Bronco Apache et Vera Cruz, deux westerns originaux et prophétiques.

Brendan O'Malley (Kirk Douglas) est poursuivi par le shérif Dana Stribling (Rock Hudson) qui l'accuse du meurtre de son beau-frère et du suicide de sa belle-sœur. Leur poursuite les amène au Texas, où Brendan cherche refuge chez Belle, qui était autrefois amoureuse de lui. Elle vit désormais dans un ranch avec un mari alcoolique (Joseph Cotten). Bientôt rejoints par Dana, ils forment un équipe qui part en expédition au Mexique. Vont alors se tisser entre les personnages des liens psychologiques troubles, des amours conflictuels.

Seule véritable romance de sa carrière, El Perdido est l'occasion pour Robert Aldrich de se laisser aller à un lyrisme peu coutumier, de dépeindre des sentiments moins exacerbés et violents qu'à l'habitude, parenthèse dans une filmographie coup de poing. On retrouve cependant à travers la figure du duel Brendan/Dana son souci de dépeindre des personnages réalistes et complexes, quitte à sacrifier une imagerie traditionnelle au profit de héros imparfaits (la misogynie affichée de Dana). Parsemé de scènes splendides (photographiées une fois de plus par Ernest Laszlo), magnifiquement écrit, El Perdido demeure une œuvre mineure mais attachante.



SODOMA E GOMORRA (Sodome et Gomorrhe)

Aldrich : Présentation - 2e  (1955/1962)
Italie, Etats-Unis - 1962

Réalisation : Aldrich Robert - Scénario : Butler Hugo, Prosperi Giorgio, Guerra Ugo, Continenza Sandro, Perili Giorgio

Avec : Granger Stewart, Angeli Pier, Baker Stanley, Aimée Anouk, Podesta Rossana, Mori Claudia, Battaglia Rik, Rossi Stuart Giacomo

Assistant : Leone Sergio, Rudolph Oscar - Image : Ippoliti Silvano, Montori Mario, Knowles Cyril - Effets spéciaux : Zavitz Lee, Urbisaglia Serse, Veevers Wally - Décors : Brosio Gino, D'Andria Emilio, Adam Ken - Son : Doubrowsky Kurt - Montage : Tanner Peter - Musique : Rozsa Miklos - Production : Lombardo Goffredo, Levine Joseph E. (producteur exécutif), Lodi-Fe Maurizio (producteur exécutif)

Totalement à part dans la filmographie de Robert Aldrich, Sodome et Gomorrhe est le classique récit biblique de la fuite du peuple hébreux, mené par Loth (Stewart Granger), face aux Elamites, et qui trouve refuge dans la capitale de la luxure et de la débauche.

Toujours coincé par les délocalisations (déjà !) des tournages en Europe, dont un Hollywood alors en crise profite grâce à l'engouement du public pour les péplums, Robert Aldrich se fourvoie quelque peu dans cette méga-production où il est impossible de retrouver sa patte et sa hargne. Le réalisateur, abandonné de ses collaborateurs favoris (hormis Hugo Butler qui participa au scénario) et de sa famille d'acteurs, perdu dans une histoire très éloignée de ses préoccupations habituelles, livre néanmoins un péplum solide et souvent captivant. Scènes de combats efficaces, exotisme des paysages du Maroc, beauté des décors de Cinecittà compensent la banalité d'un script qui fait cependant parfois preuve d'un sincère souci de décrypter les rapports entre l'amour et la domination.



WHAT EVER HAPPENED TO BABY JANE ? (Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?)

Aldrich : Présentation - 2e  (1955/1962)
Etats-Unis - 1962

Réalisation : Aldrich Robert - Scénario : Heller Lukas d'après Le Roman de Henry Farrell

Avec : Davis Bette, Crawford Joan, Buono Victor, Addy Wesley, Allred Julie, Barton Anne, Bennett Marjorie, Freed Bert, Lee Anna, Norman Maidie, Willock Dave, Aldrich William, Anderson Ernest, Conway Russ, Cooper Maxine

Image : Haller Ernest - Direction artistique : Glasgow William - i[Décors ]bi: Sawley George - Montage : Luciano Michael - Musique : DeVol Frank - Production : Aldrich Robert, Hyman Kenneth (producteur exécutif)

Obsédée par sa grandeur passée d'enfant prodige, cherchant un responsable à l'éclipse d'une cinquantaine d'années dont elle fut la victime, Baby Jane fait vivre les pires tourments à sa sœur, paralysée suite à un accident dramatique qui brisa sa glorieuse carrière d'actrice.

Jalousie, frustration, sadisme, tous ces sentiments exacerbés explosent dans cette toile d'une violence inouïe, à la démesure revendiquée. Le jeu outrancier de Bette Davis est à l'unisson de cette farandole apocalyptique, d'autant que sa carrière alors au point mort (elle dut se réduire à passer la célèbre petite annonce "Ex-star encore bonne à quelque chose accepterait grand rôle" !) fait fatalement écho à son personnage. Pour compléter ce duo mémorable, Aldrich fait appel à Joan Crawford, qu'il avait déjà dirigée dans Feuilles d'Automne.

Aldrich : Présentation - 2e  (1955/1962)
Le scénario est écrit par Lukas Heller, qui signera un grand nombre de films pour Aldrich : Le Vol du Phénix, Les Douze Salopards, Faut-il tuer Sister George ?, Trop tard pour les Héros, ou encore Chut, Chut, chère Charlotte, film miroir de Baby Jane, tiré du même écrivain Henry Farrell, et de nouveau interprété par Bette Davis et Joan Crawford, avant que cette dernière ne se désiste au cours du tournage. Son script permet au cinéaste d'exprimer dans leur quintessence les leitmotivs qui lui sont chers : conflit jusqu'au-boutiste de deux protagonistes, cloîtrés dans des intérieurs claustrophobiques (Attaque !) ; peinture acerbe du monde du cinéma par une description sans concessions des artifices de la popularité et de ses conséquences destructrices sur des êtres broyés par un système inhumain (c'est son deuxième film sur Hollywood après Le Grand Couteau) ; lutte impitoyable pour la survie, qui se fait ici lutte contre la vieillesse et l'oubli…

Aldrich : Présentation - 2e  (1955/1962)
Mais ici, Aldrich pousse ces thèmes jusqu'à l'excès, réalisant un véritable film d'horreur, traumatisant et grandiose, seulement modéré par une véritable compassion pour ses personnages et un récit ambivalent et anti-manichéen. Il entame avec ce film une radicalisation de son cinéma qui va l'amener à réaliser des œuvres choquantes, violentes et enragées. Présenté à Cannes, le film subit un tollé général, taxé de "summum de laideur" et de "grand-guignol". Description juste du film, mais qui représente sa force même. Robert Aldrich refuse les concessions au bon goût et au bien-pensant, effaçant toute velléité de séduction. Par sa laideur et sa vulgarité le film est un véritable électrochoc pour le spectateur, dérangé dans l'habituel endormissement qui le gagne face à des films habituellement consensuels. Choquant et sincère, le cinéaste fait appel à des capacités du public peu exploitées par les studios : intelligence, esprit critique, discernement…

Le noir et blanc très contrasté d'Ernest Haller (Autant en emporte le Vent, La Fureur de Vivre…), les ombres inquiétantes, l'intelligence d'une mise en scène utilisant avec maestria les possibilités d'un lieu clos (on connaît le génie d'Aldrich pour filmer les intérieurs) participent à nous plonger dans cette atmosphère de folie et de tristesse qui rend ce film unique et bouleversant. On peut mesurer le choc ressenti alors en réalisant à quel point le film reste aussi actuel, aussi dérangeant, quarante ans après sa réalisation. Baby Jane fut un succès commercial considérable, relançant la carrière d'Aldrich après une période peu enthousiasmante, mais les invectives des critiques se poursuivront avec véhémence, certainement confortées par le succès public du cinéaste.




A SUIVRE ...

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Editions DVD - Zone 2 :

KISS ME DEADLY (En Quatrième Vitesse)

Format écran : Cinémascope
Éditeur : MGM
Format image : Full Screen (Standard) - 1.33:1
Format son : Langues et formats sonores : Français (Dolby Digital 2.0 Mono), Anglais (Dolby Digital 2.0 Mono), Allemand (Dolby Digital 2.0 Mono), Italien (Dolby Digital 2.0 Mono), Espagnol (Dolby Digital 2.0 Mono)
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Italien, Espagnol, Hollandais, Grec
Bonus : bande-annonce originale


ATTACK ! (Attaque !)

Format écran : Cinémascope
Éditeur : MGM
Format image : Cinémascope - 1.85:1
Format son : Langues et formats sonores : Français (Dolby Digital 2.0 Mono), Anglais (Dolby Digital 2.0 Mono), Allemand (Dolby Digital 2.0 Mono), Italien (Dolby Digital 2.0 Mono), Espagnol (Dolby Digital 2.0 Mono)
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Italien, Espagnol, Hollandais, Suédois, Finlandais, Norvégien, Danois
Bonus : bande-annonce originale



Filmographie :

The Big Leaguer (1953)
World for Ransom (Alerte à Singapour, 1954)
Apache (Bronco Apache, 1954)
Vera Cruz (1954)
Kiss Me Deadly (En Quatrième Vitesse, 1955)
The Big Knife (Le Grand Couteau, 1955)
Autumn Leaves (Feuilles d'Automne, 1956)
Attack ! (Attaque !, 1956)
The Garnement Jungle (Racket dans la Couture, 1957, écarté du tournage, non crédité)
The Angry Hills (Trahison à Athènes, 1959)
Ten Seconds to Hell (Tout près de Satan, 1959, scénario)
The Last Sunset (El Perdido, 1961)
Sodoma et Gomorra (Sodoma e Gomorrhe, 1962, co-réalisé avec Sergio Leone)
What Ever Happened to Baby-Jane ? (Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?, 1962)
Four of Texas (Quatre du Texas, 1963, scénario)
Hush… Hush Sweet Charlotte ( Chut, chut, Chère Charlotte, 1965)
The Flight of the Phoenix (Le Vol du Phénix, 1965)
The Dirty Dozen (Les Douze Salopards, 1967)
The Legend of Lylah Clare (Le Démon des Femmes, 1968)
The Killing of Sister George (Faut-il tuer Sister George ?, 1968)
Too Late the Hero (Trop tard pour les Héros, 1970, scénario)
The Grissom Gang (Pas d'orchidées pour Miss Blandish !, 1971)
Ulzana's Raid (Fureur Apache, 1972)
Emperor of the North Pole (L'Empereur du Nord, 1973)
The Longest Yard (Plein la Gueule, 1974)
Hustle (La Cité des Dangers, 1975)
Twilight's Last Gleaming (L'Ultimatum des trois Mercenaires, 1977)
The Choirboys (Bande de Flics, 1977)
The Frisco Kid (Un Rabbin au Far West, 1979)
All the Marbles (Deux Filles au Tapis, 1981)



Lundi 14 Juin 2004
Olivier Bitoun (William Lee)

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