CINETUDES
Vendredi 30 Juillet 2010
21:40
Kathryn BIGELOW

BIGELOW : Présentation


Cette étude s’attardant sur divers aspects de l’œuvre de Kathryn Bigelow, il est à noter qu’elle comprendra de nombreuses révélations sur les films traités. Les numéros entre parenthèses renvoient quant à eux à l’illustration directe de l’exemple du texte.

Avant toute chose, je vous propose une présentation de la réalisatrice.



BIGELOW : Présentation



Carrière particulièrement singulière que celle de Kathryn Bigelow . Avec une filmographie composée de sept longs métrages et quelques épisodes de séries télévisées, elle s’est avant tout imposée comme l’une des rares femmes (avec Mimi Leder ) à avoir porté des films d’action hollywoodiens très coûteux. Quand on s’intéresse à elle, c’est très souvent pour souligner cette femme qui mène des projets souvent vus comme carburant aux testostérones. Pour s’intéresser à son œuvre proprement dite, les études ne font pas légions. Un seul ouvrage en langue anglaise lui est consacré. Son mariage avec James Cameron n’a pas réellement fait pour la mettre sur le devant de la scène, la rendant encore plus floue dans l’inconscient, comme liée inlassablement à l’auteur de Titanic .

Née en 1952 en Californie, la jeune Kathryn va d’abord approcher l’art par le biais de la peinture, via sa formation principale au " San Francisco Art Institute ". Elle va d’ailleurs faire partie d’un groupe d’avant-garde, " Art and Language ". Au service de l’artiste conceptuel Vito Acconci , elle va se mettre à filmer des slogans pour ses oeuvres… Ceci donne visiblement l’envie à la future réalisatrice de s’aventurer à la Columbia University pour y étudier le cinéma. Son premier court métrage en 1978, Set-Up , est un essai sur la violence, (interprété par de nombreux critiques comme pronazie!). C’est en 1981 qu’elle fait ses débuts dans le long métrage avec The Loveless . Bigelow n’est pas toute seule derrière la caméra pour ce film de motards hommage aux films de gangs comme L’Equipée Sauvage … elle en co-signe la réalisation avec Monty Montgomery .


BIGELOW : Présentation


Ce film est le premier grand rôle de Willem Dafoe , mais il faut tout de même attendre 1987 pour voir débarquer le premier film complet de son auteur, Near Dark . Variation moderne autour du mythe du vampire, l’œuvre a atteint depuis un statut véritablement culte (alors que passé quasi inaperçu à sa sortie). Si bien que certains peuvent voir ce film comme inégalé. On y retrouve effectivement tous les thèmes de la réalisatrice : Near Dark est un coup de maître, un film qui se ressent comme définitif. Est-ce pour autant un one-shot ? Non, car pour quelque peu originale qu’elle soit, le reste de la filmographie de Kathryn Bigelow montre avant tout sa volonté de se frotter à des genres différents, approfondissant thématiquement et formellement son cinéma de manière continue, relevant plusieurs défis et ne se caricaturant jamais. Elle a su éviter le piège du ressassement. Une chose peut sans doute expliquer la rareté de ses films : elle n’a pas en effet été aidée par le box-office. Point Break est le seul réel succès financier de sa carrière. Strange Days , coûteux et ambitieux film d’anticipation, a subi un bide qui l’a éloignée des plateaux pendant cinq ans. Elle n’est revenue qu’au travers d’un petit film The Weight of Water , lequel a attendu deux ans avant de trouver une distribution. K.19 , blockbuster au budget de plus de cent millions de dollars, a également été un lourd échec et on peut craindre de ne pas revoir la réalisatrice avant un moment sur le grand écran.

Toutefois, si Bigelow préfère rester des années sans tourner, c’est aussi parce qu’elle préfère avoir l’opportunité de ne faire que ce qu’elle veut. Elle n’a jamais réalisé une seule commande mais que des films dans lesquels elle s’est entièrement impliquée, même les grosses productions ou les films qu’elle n’a pas scénarisés. Pour garder la main, la télévision lui convient mieux. Parfois, elle peut rester longuement sur un projet inabouti. C’est elle par exemple qui était au pilotage du projet Jeanne D’Arc avant d’être écartée par son producteur Luc Besson qui a repris l’affaire à son compte (une histoire qui s’est soldée par une action en justice contre Besson et a encore plus retardé le retour sur les écrans de la réalisatrice). Considérée souvent comme une bonne technicienne par la critique, on a du mal à lui reconnaître pleinement un vrai statut d’auteur. Notre étude va tenter avant tout de le lui offrir avec franchise.

C’est dans ce sens que nous observerons d’abord comment l’ œuvre de Bigelow évolue au sein d’une constante perspective de dualité. Cette dernière crée par là même une ligne de démarcation, qui se révèle l’espace théorique de son cinéma. Dès lors, on pourra embrayer sur l’articulation qui en découle, à savoir comment ce cinéma veut exprimer à la fois le sentiment de dépendance et celui de la fuite en avant. C’est ce qui donne toute sa modernité à son travail, son implantation parmi les artistes qui s’attachent aux angoisses du monde contemporain.

Enfin on s’attardera aussi à chercher ce que peut apporter le regard de la réalisatrice sur les relations homme/femme… est-ce qu’il y a des retournements de codes, une perspective féministe ? En complément, le rapport complexe et indissociable à l’œuvre de James Cameron pourra donner des comparaisons et éclaircissements intéressants.




BIGELOW : Présentation


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    FILMOGRAPHIE CINEMA :


1978 : The Set-Up (court métrage)

1981 : The Loveless (Avec Monty Montgomery)
Zone 1 édité par Blue Underground. Widescreen. Dolby.

1987 : Near Dark ( Aux Frontieres de l’Aube )
Caleb, jeune paysan de l’Arizona, essaie de séduire Mae en l’emmenant faire un tour dans son pick-up. Il tente les habituels travaux d’approche. Au fur et à mesure que la nuit s’étire, Mae se fait de plus en plus mystérieuse quand son baiser se transforme en morsure. A l’aube, elle disparaît. Le jeune homme tarde à comprendre son nouvel état… de vampire. Il est sauvé de l’insolation par une bande errante…

Zone 2 édité par Studio Canal. 1.85 :1. Langues : Français (Dolby Digital 2.0 mono) et Anglais (Dolby Digital 2.0 surround). Sous-titres : Français.

1989 : Blue Steel
Fraîchement promue agent de police, Megan Turner abat un voyou en train de commettre un hold-up. Or, l’arme du gangster disparaît : ne pouvant prouver qu’elle était en état de légitime défense, la jeune femme est suspendue de ses fonctions. Désemparée elle se laisse séduire par Eugène Hunt, un agent de change, dont elle vient de faire la connaissance ; une série de crimes commence à agiter la ville : le tueur utilise des balles sur lesquelles il a grave un nom… Megan Turner.

Zone 2 édité par GCTHV. 1.85:1. Langues : Français (DTS et Dolby Digital 5.1) et Anglais (Dolby digital 5.1). Sous-titres : Français.

1991 : Point Break
A Los Angeles, quatre braqueurs, dissimulés sous des masques d’anciens présidents américains, multiplient les hold-up. Johnny Utah, un jeune agent du FBI, soupçonne les gangsters d’appartenir au monde du surf. Il décide d’infiltrer ce milieu, dont il ignore tout, et découvre un univers étrange et violent. Il fait la connaissance Bodhi, leader charismatique d’un petit groupe de surfers. Partagé entre son enquête et son amitié pour Bodhi, Johnny doit prendre de plus en plus de risques.

Zone 2 édité par GCTHV. Cinémascope 2 :35 :1. Langues : Français (DTS et Dolby Digital 5.1) et Anglais (Dolby Digital 5.1). Sous titres : Français.

1995 : Strange Days
Los Angeles, 30 décembre 1999. une nouvelle technologie permet de vivre virtuellement toutes les formes de plaisirs et de déviances. Lenny Nero, le principal trafiquant de ces clips clandestins, tombe sur l’enregistrement d’une violence inouïe. Désormais, sa vie est en danger.

Zone 2 édité par FPE. Cinémascope - 2.35:1. Langues : Français (Dolby Digital 4.0) et Anglais (Dolby Digital 5.1) + THX. Sous-titres : Français, Anglais

2000 : The Weight of Water ( Le Poids de l’Eau )
A bord d’un voilier, Jean, photographe, part en reportage sur une petite île, ou, en 1873, un double crime a été commis. A ses côtés, Thomas, son mari, Rich, frère de Thomas, et son aguichante amie Adaline. Au fil de son enquête, Jean revit la tragédie : comment deux jeunes femmes sauvagement tuées tandis que la troisième Maren trouvait refuge dans une grotte. Un marin fut condamné et exécuté deux ans plus tard. Etait-il vraiment coupable ? Obsédée par l’affaire, Jean se plonge dans l’existence de Maren, la survivante. Passé et présent se mêlent jusqu’à ce qu’inéluctablement le drame se reproduise de nouveau.

Zone 2 édité par Studio Canal. 1:85. Langues : Anglais (Dolby Digital 5.1 et DTS) et Français (Dolby Digital 5.1). Sous titres : Français.

2002 : K.19 The Widowmaker ( K.19, Le Piège des Profondeurs )
En 1961, alors que la guerre froide bat son plein, dans les eaux de l'Atlantique nord, le K-19, sous-marin nucléaire de l'arsenal soviétique, défaille. Le capitaine Vostrikov et ses hommes vont tout faire pour empêcher que les ogives et le moteur à propulsion atomique n’explosent…

Zone 2 édité par Paramount. Cinémascope 2.35 :1. Langues : Français (Dolby Digital 5.1) et Anglais (Dolby Digital 5.1). Sous-titres : Français, Anglais.

BIGELOW : Présentation
FILMOGRAPHIE TELE :

1993 : Wild Palms , épisode "Rising Sons"

1995 : American Cinema , épisode 8, “Film Noir”

1997 : Homicide , épisodes "Fallen Heroes I et II"

2003 : Karen Sisco , épisode “He was a Friend of Mine”








A SUIVRE...


Vendredi 4 Février 2005
Guillaume Bryon (Ishmael Chambers)

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