CINETUDES
Mercredi 14 Mai 2008
8:58

CINEMA, TEMPS ET HISTOIRE - 1ère partie : Les Nippo-Américains dans le cinéma hollywoodien après Pearl Harbour

A propos de La Neige tombait sur les Cèdres (Snow falling on Cedars) de Scott Hicks.


Pour entrer dans le vif de cette étude, il va s'agir ici d'abord de tracer un historique nécessaire, celui du traitement des Nippo-Américains dans le cinéma américain après Pearl Harbor et de voir quels ont été les contextes de mise en place des deux films traités, ceci afin de mettre en lumière leur place chronologique et leur impact. C'est un point qui semble important d'assurer et d'établir avant d'entrer plus à même dans l'évocation du film de Scott Hicks.




La guerre : le syndrome Fu Manchu


The Purple Heart de Lewis Milestone : un exemple de syndrome Fu Manchu dans le film de guerre de propagande.
The Purple Heart de Lewis Milestone : un exemple de syndrome Fu Manchu dans le film de guerre de propagande.
Cette sous-partie prend l'essentiel de ses références dans l'excellente thèse écrite par Catherine Bouet, De Pearl Harbour à Saïgon. Après Pearl Harbour et le début de la guerre, le Japonais à l'écran devient en effet la figure de l'ennemi, mais c'est à partir du concept de race qu'elle se stigmatise. En effet, en 1942, quatre journalistes vont mettre en évidence le fait qu'à l'écran, l'ennemi allemand soit traité avec beaucoup plus de nuance que l'ennemi japonais. C'est qu'entre 1942 et 1945, de nombreux films de guerre de propagande véhiculent ce que l'on appelle une idéologie "Hate the Jap".

L'idée du péril jaune était déjà très répandu sur la côte ouest et on peut voir ses peurs et craintes dans des films de genre populaires, en particulier à travers la série des "Fu Manchu" qui débute en 1932 avec The Mask of Fu Manchu. En 1940, Drums of Fu Manchu montre ainsi les inquiétudes face à l'expansion de la Chine. La représentation fourbe et inquiétante véhiculée par ces films va être reprise dans le cinéma de guerre des Etats-Unis dans leur période de conflit. Richard Loo, l'interprète de Fu Manchu, devient une incarnation de généraux japonais sadiques, que ce soit dans The Purple Heart ou dans Back to Bataan (où il fait figure de caricature du général Homma pendant la campagne des Philippines). Véritable inverses du soldat américain, représenté plus souvent par hordes de combattants que par caractérisation, ils sont affublés de divers noms d'animaux pour les qualifier: "monkeys", "baboons", "rats". Dans Objectif Burma, l'un des personnages lance cette sentence :

"En 30 ans de journalisme, je croyais avoir vu tout ce dont les hommes sont capables, mais ça c'est autre chose. Un peuple qui se dit civilisé, des dégénérés, d'ignobles sauvages. Il faut les anéantir, les rayer du monde !" (*1)

C'est comme si tout un racisme plus ou moins latent pouvait s'exprimer ouvertement à l'occasion du conflit. Et ces idées sont relayées aussi hors des écrans ; ainsi Time Magazine apprend à ses lecteurs comment reconnaître les Japonais des alliés chinois : ils sont dogmatiques, courts sur pattes ou se dessèchent en vieillissant.

Tom Neal et Richard Loo dans Behind the rising Sun de Dmytryk.
Tom Neal et Richard Loo dans Behind the rising Sun de Dmytryk.

Pour limiter cela, l'Office of War Information (OWI) doit guider le contenu des films de guerre produits par les studios. La Formule qui va apparaître : " We are fighting a system, not a race " (*2). Certains films, comme Behind The Rising Sun d'Edward Dmytrick mettent en scène ces nouvelles consignes. C'est un film intéressant à prendre en compte aussi dans l'étude des nippo-américains : il met en scène un jeune Japonais élevé aux Etats-Unis, qui une fois les pieds posés sur le sol natal est automatiquement perverti et fanatisé par le système nippon au point d'être l'un des premiers à mourir à Pearl Harbor. Ce n'est plus la race qui est à l'origine du mal, mais le système politique. Et le personnage du père, qui désapprouve la politique du Japon, va dès lors préférer se suicider. Le Japonais retrouve ici un relatif visage humain malgré plusieurs clichés raciaux (le Hara Kiri, la faible résistance). Mais malgré un film comme celui-ci, réalisé d'ailleurs par un futur "blacklisté", l'OWI ne peut contrôler véritablement la production et elle renonce en 1944 à ses exigences, la seule condition devenant que ces films de propagande soient destinés uniquement au seul public américain.

CINEMA, TEMPS ET HISTOIRE - 1ère partie : Les Nippo-Américains dans le cinéma hollywoodien après Pearl Harbour
Le Japonais étant stigmatisé essentiellement en tant que race, il devient théoriquement autant un ennemi de l'extérieur qu'un ennemi de l'intérieur. Et c'est là que la chose devient particulièrement intéressante nous concernant. Les Japonais sont l'ennemi d'une nation étrangère mais aussi matière à fictions paranoïaques via les Nippo-Américains, ennemis infiltrés tout désignés. Dave Fleisher, auteur hollywoodien de cartoons et créateur de Betty Boop, animateur de Popeye , s'était lancé dans une série adaptant le comic book Superman. En 1942, il la met au service de la propagande et un court cartoon intitulé Japoteur met justement en scène Superman, héros symbole de l'Amérique et en ces temps particulièrement patriotiques, en lutte contre des Japonais préparant des actions terroristes à l'intérieur du pays. A l'instar du cartoon, les figures japonaises deviennent le visage de l'ennemi dans les serials, ces feuilletons qui se suivent sur grand écran et abordent très souvent de nombreux genres populaires. La société de production Republique en était l'une des spécialistes et en 1943, elle produit G-Men Vs the Black Dragon (également nommé The Black Dragon of Manzanar), serial d'espionnage où les Nippo-Américains sont une menace intérieure pour le pays. On retrouve ce même esprit de paranoïa et de racisme dans Little Tokyo, USA, film d'espionnage de série B réalisé en 1942 par Otto Brower, qui exploite pleinement cette veine. Un coup d'œil sur l'affiche de ce film laisse par ailleurs deviner l'allégeance à l'imagerie "Fu Manchu". Il faut noter que ces films font souvent office de programmes complémentaires ou touchent plus facilement les petites salles des petits cinémas, donc un public moyen des petites villes auquel tous ces stéréotypes sont véhiculés.



Un cas de conscience, mais pas de représentation des camps


La guerre achevée, l'image du Nippo-Américain va progressivement entrer en voie de réhabilitation sans pour autant que soit traité directement le sujet des camps d'internement. Mais il y a des étapes essentielles à prendre en considération. Il faut attendre le début des années 50 pour qu'un véritable changement se mette en place. D'abord l'image raciste véhiculée s'estompe à l'écran. Pour Catherine Bouet, la guerre contre l'ennemi japonais devient progressivement dans les films de guerre une métaphore de la guerre de Corée (ce qui implique des traitements plus psychologiques des personnages nippons)… Mais il faut aussi voir d'autre part que le 28 mai 1952 est signé un traité signifiant la fin du régime d'occupation du Japon par les Etats-Unis, avec donc un état de conflit qui s'estompe. Une œuvre à véritablement prendre en compte dans ce contexte est Fièvre sur Anathan, Saga of Anathan, réalisé, écrit et mis en lumière par Josef Von Sternberg. Le film narre les destinées de quelques fusillés marins refusant la défaite et restant occuper l'île d'Anathan. Le tout est filmé à Kyoto et tourné en dialogues japonais commentés en Anglais, avec des comédiens et danseurs s'inspirant du théâtre Kabuki. Cette sorte de film japonais mis en scène par Hollywood est le rachat de l'image du Japonais en tant que personne, au-delà des stéréotypes raciaux. Sternberg recevra à l'époque les félicitations de l'ambassadeur du Japon.

Saga of Anathan de Josef Von Sternberg.
Saga of Anathan de Josef Von Sternberg.

Dans cette optique, après le changement de représentation sur le plan racial, le rachat par Hollywood de l'image du Nippo-Américain en tant que citoyen loyal va aussi se mettre en route. En 1951, Robert Piroch (scénariste de Ma Femme est une Sorcière de René Clair et L'Enfer est pour les braves de Don Siegel) va choisir de porter à l'écran les exploits du 442ème régiment, composé d'Américains d'origine japonaise, dans un film intitulé Go for Broke!. Pour exprimer le malaise quant au sort réservé aux Américanos-Japonais, ce n'est pas les camps qui sont abordés de prime abord mais plutôt un éloge qui est fait à un bataillon et une mise à bas de préjugés. Il s'agit de montrer ces soldats d'origine japonaise comme étant fidèles et loyaux au drapeau américain. Le héros principal est blanc et se nomme Mike Grayson. Incarné par Van Johnson, c'est un lieutenant chargé de la formation et du commandement de ces hommes : l'évolution de son attitude va être au centre du film. D'abord hostile à sa tâche et aux Nippo-Américains, qu'il pense plus loyaux au Japon qu'aux Etats-Unis et pour lesquels il entretient une certaine haine, il tente d'abord de leur casser le moral, de les montrer comme moins valeureux que les soldats blancs. Puis, le feu du combat faisant, Grayson va réaliser leur courage. Les respectant de plus en plus, il va se mettre à les défendre contre les attitudes racistes extérieures. Le changement de Grayson est censé représenter celui que la nation doit avoir vis-à-vis de ces hommes. Justement, pensé comme un film hommage malgré le patronage d'un héros et d'une star blanche, le film n'utilise pas des acteurs pour incarner les combattants du 442ème régiment mais de véritables vétérans de cette unité. Cela fait partie de l'intérêt que pourrait offrir cette œuvre qui n'est pas conçue comme un spectacle de guerre à gros budget, mais comme un film centré sur l'image à réévaluer du préjudice des Nippo-Américains. Pourtant, il n'est pas question ici de faire d'excuses au traitement préjudiciables qui a été le leur dans la seconde guerre mondiale. On met fin à la haine raciale et on rend hommage à de vrais patriotes, tel est le message de Go for Broke !. Le film aura un certain impact à sa sortie par le fait que le scénario ait été nominé aux Oscars, mais aujourd'hui il est relativement oublié. En France, il est inédit et n'existe en DVD qu'en Zone 1.

CINEMA, TEMPS ET HISTOIRE - 1ère partie : Les Nippo-Américains dans le cinéma hollywoodien après Pearl Harbour
En 1955, un film important, qui est resté comme une œuvre à retenir par de nombreux cinéphiles, aborde le sujet du préjudice à racheter envers les nippo américains : c'est Un homme est passé, Bad Day at Black Rock de John Sturges. Et la particularité de ce film est de rester comme une œuvre véritablement forte à ce niveau bien que dénuée de tout personnage nippo-américain visible à l'écran. Sorte de western moderne et abstrait, c'est un film court et sec (moins de 80 minutes), qui se repose sur son décor désertique et son format cinémascope pour mettre en scène cette projection métaphorique d'un règlement de compte de l'Amérique avec ses démons. Situé en 1945, deux mois après la fin du conflit, le film narre en effet le passage dans la petite ville perdue de Black Rock (Arizona) d'un étranger du nom de John McReady, incarné par Spencer Tracy. Si ce dernier s'y rend, c'est pour rencontrer Komoko, un fermier japonais : " Il n'a pas eu de chance. Il est arrivé en 41 un peu avant Pearl Harbour. Ils sont venus le chercher trois mois après pour le mettre dans un camp de concentration. " ment Reno Smith à son sujet (Robert Ryan). En vérité, Komoko n'a même pas été mis dans un camp, il a été lynché au lendemain de Pearl Harbor, dans un élan de délire patriotique par une partie des habitants, menés par Reno Smith. La ferme a été également brûlée. McReady était venu voir Komoko pour lui remettre la médaille de son fils mort au combat. Tracy va se retrouver dès lors perdu au milieu de l'hostilité générale de ceux qui veulent étouffer le crime. L'ambiance est lourde, l'apparition presque fantastique et mystérieuse de Tracy, proche du Sanjuro de Kurosawa ou de l'Homme sans nom de Léone, étant en quelque sorte là pour remettre les choses à leurs places, laver la tache du racisme et du préjudice parmi une population rurale peu cultivée, une Amérique profonde qui a pris Komoko comme victime de ses frustrations. Smith, qui loua ses terres à Komoko, ne s'était pas remis que ce dernier y trouve une source d'eau. Ajouté à sa haine des Japonais et le fait que son engagement dans l'armée ait été refusé, il part tuer cet homme accompagné de quelques complices saouls.

CINEMA, TEMPS ET HISTOIRE - 1ère partie : Les Nippo-Américains dans le cinéma hollywoodien après Pearl Harbour

A travers les personnages du docteur, du tenancier de l'hôtel et du Shérif, le film exprime également un sentiment de remord très fort qui cherche un remède contre "la honte". On y parle, face au crime, d'une "indifférence mélancolique". Cela peut exprimer non seulement l'injustice et le tort faits aux Américanos-Japonais, mais cette histoire évoque aussi le maccarthysme alors d'actualité. Une ambiance de lâcheté, où les questions sont pour les personnages de savoir s'ils doivent suivre le troupeau contre un seul homme. Ici on ne voit rien du préjudice concret contre les Nippo-Américains, mais on utilise de nombreuses métaphores. Il n'empêche : ce Un Homme est passé reste encore peut-être, d'un point de vue occidental, ce qu'il y a de plus fort et intransigeant sur le sujet. Peut-être parce que c'est un film hollywoodien qui ne cherche pas à retranscrire ce qui a été vécu par les populations nippo-américaines, leurs malheurs. Ici ne reste que le règlement de compte moral interne des Etats-Unis au sortir de la guerre. La puissance évocatrice de l'absence, de la désintégration de Komoko, est sans doute plus puissante que toutes reconstitutions. Quand le crime est raconté, la force des mots évoquant la ferme brûlée, le Japonais transformé en torche humaine et abattu en dit énormément sur le mal fait. Comme pour payer son crime, Smith brûlera lui aussi en retour à la fin de l'œuvre. Le village qui s'est racheté veut à la fin du film la médaille destinée à Komoko pour améliorer leur moral, pour se reconstruire, ce que McReady acceptera.



Les années 70 : des premiers pas à la télévision


CINEMA, TEMPS ET HISTOIRE - 1ère partie : Les Nippo-Américains dans le cinéma hollywoodien après Pearl Harbour
Les années 70 marquent le début, pour les organisations nippo-américaines d'un long combat visant à l'indemnisation de leur préjudice. C'est à ce moment que le sujet des camps va être abordé avec plus de précision, apparaître plus souvent dans les divers médias via la campagne du JACL (Japanese American Citizen League). Toutefois, ce ne sera pas à travers le cinéma que va s'illustrer, via la fiction, cette nouvelle étape, mais à travers la télévision et deux téléfilms de cette période.

Produit par ABC et le célèbre producteur de télévision Aaron Spelling, réalisé par George McCowan, If Tomorrow Comes est pour la première fois diffusé en 1971. Pour la chaîne, ce téléfilm a d'autant plus d'impact qu'elle le programme en marge des célébrations sur le trentenaire de Pearl Harbor et que c'est une histoire inédite à proposer au téléspectateur pour cet évènement. Récit à la Roméo et Juliette, on observe l'histoire d'amour entre une jeune fille californienne (Patty Duke Astin) et un jeune homme nippo-américain nommé Frank Liu, malgré l'hostilité de leur entourage. Au lendemain de Pearl Harbor, Liu est envoyé dans un camp et les deux amants vont alors sceller un pacte de suicide. Le film condamne sans appel ces camps, mais, si l'on en croit certaines critiques, il s'est aussi fait reprocher le fait d'aborder la chose sous un angle trop manichéen : " It also misguidedly suggests that virtually all Caucasians in 1941 were pigheaded bigots with no rational reason whatsoever to mistrust the Japanese. " (*3) On notera qu'à travers le personnage de Patty Duke Astin, actrice assez populaire à la télévision à l'époque, il s'agit d'émouvoir clairement le spectateur et de le faire vibrer à travers son histoire d'amour impossible. Un moment disponible en vidéo mais plus réédité, il ne faut plus compter que sur les rediffusions peu nombreuses sur les chaînes américaines.

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Le 19 février 1976, le président Gerald R. Ford annule l'Executive Order 9066. La même année, c'est NBC et Universal qui vont consacrer un téléfilm au sujet de l'exclusion des Américano-Japonais : Farewell to Manzanar. Réalisé par le prolixe réalisateur de télévision John Korty, le film est l'adaptation du roman autobiographique très remarqué de Jean Wakatsuki (écrit avec son mari, James D. Houston), internée enfant dans le camp de Manzanar. Ce qui fait l'originalité encore aujourd'hui de ce téléfilm, c'est que bien que produit par Hollywood, on y montre l'action qu'à travers le point de vue nippo-américain. N'y intervient donc pas un personnage blanc développé qui sert de héros. Ce que les producteurs avaient voulu imposer à John Korty, qui a résisté à ces demandes. On y narre le destin de la famille Wakatsuki à partir de Pearl Harbor : marchand de sardines à San Pedro en Californie, le père brûle ses papiers d'identité notifiant sa nationalité japonaise mais se retrouve néanmoins arrêté par le FBI, accusé de livrer du fuel aux sous-marins japonais. La mère emmène toute sa petite famille à Terminal Island avant qu'ils ne soient finalement internés à Manzanar. On assiste alors à la dislocation de la famille et aux divers évènements du camp (l'émeute, le questionnaire de loyauté) tout comme le difficile retour à la société au sortir du camp, les craintes. Au départ, la critique nippo-américaine n'accueille pas forcément favorablement ce téléfilm auquel elle reproche de prendre la globalité du problème par une petite lorgnette. Mais près de trente ans plus tard, l'œuvre possède désormais une réputation plus flatteuse chez ces derniers, surtout après Come see the Paradise et Snow falling on Cedars, qui introduisent des points de vue occidentaux à leur histoire :

" In the mid-1970s, a modest network television film actually told a story about the internment from the perspective of a non-fictional Japanese American family, the Wakatsukis, who were uprooted during the war. Some Japanese American critics had harsh words for FAREWELL TO MANZANAR when it was first broadcast by NBC : the movie told only one story about a situation rife with political and personal disagreements. But in light of Hollywood's subsequent insistence on mediating the internment through a white main character, this touching story - seen through the eyes of Japanese Americans - deserves new respect. " (*4)

Le problème là encore est le manque de rediffusion du film et le fait qu'il ne soit pas édité en vidéo, ce qui le rend difficile d'accès. Il est parfois projeté dans des Festivals, comme le 24 mai 2001 au "Los Angeles Asian Pacific Film & Vidéo Festival" qui le propose sur grand écran, mais c'est devenu une fiction rare. Alors que le roman est fréquemment étudié dans les écoles, particulièrement pour faire découvrir le sujet aux plus jeunes comme le point de vue adopté est celui d'une enfant. Toutefois le film a été restauré par Universal qui avait prévu d'en faire une distribution pour les écoles et bibliothèques de Californie.



Bienvenue au Paradis (Come see the Paradise) d'Alan Parker (1990)


CINEMA, TEMPS ET HISTOIRE - 1ère partie : Les Nippo-Américains dans le cinéma hollywoodien après Pearl Harbour

Une famille d'origine japonaise propriétaire d'un cinéma dans Little Tokyo, les Kawamura, est envoyée dans un camp après Pearl Harbour. Ce qui brise également le foyer que venait de difficilement créer Lily, fille aînée de la famille, et Jack McGurn, un ancien syndicaliste au tempérament impétueux. C'est sur cette trame qu'arrive enfin en 1990, près de 50 ans après les faits, le premier film de cinéma destiné à un large public traitant de l'internement des Nippo-Américains. Le tout réalisé par le controversé réalisateur de Midnight Express Alan Parker, l'œuvre a-t-elle eu l'impact escompté ?

Come See The Paradise se tourne au moment où s'achève la longue campagne du JACL visant à la reconnaissance publique de l'injustice que fut la relocation des Nippo-Américains, un combat qui aura duré activement dix ans avant que la législation autorisant les compensations soit prise : en septembre 1987 à la Maison des Représentants, en avril 1988 au Sénat. Enfin, Ronald Reagan signe officiellement la décision le 10 Août de la même année. Une loi complémentaire est signée par George Bush le 2 Novembre 1992. Le film se monte donc juste au moment où la reconnaissance officielle de l'Etat a été faite. On peut continuer à se demander si un film de cinéma aurait pu se monter plus tôt, dans un autre contexte ? Ou encore si Parker aurait trouvé son financement pour ce film à l'époque de Midnight Express . En tout cas le moment de la sortie du film en France coïncide avec les premiers paiements reçus : le 9 octobre 1990, le révérend Mamoru Eto de Los Angeles est le premier à recevoir un chèque, il a 107 ans. On peut réfléchir au fait de savoir si la Fox n'a pas lancé le feu vert au projet dans une optique opportuniste, de rebondir sur un fait historique qui serait médiatisé. Ceci est le contexte concernant les Nippo-Américains, mais il faut prendre également en compte le contexte des relations entre les Etats-Unis et le Japon. La fin des années 80 et le début des années 90 sont synonymes d'une concurrence économique très forte avec le Pays du Soleil Levant, une véritable guerre financière durant laquelle les Etats-Unis prennent peur d'être dominés par cet étrange adversaire surgissant dans la fin de la guerre froide. Dans cette optique on voit à cette période quelques fictions illustrer le japonais comme une pur icone capitaliste (par exemple dans Die Hard, où le patron japonais de la tour prise en otage est un ancien de Manzanar), voir en mettant en scène cette nouvelle manière de se juger et se défier, entre deux civilisations différentes, qui ont du mal à se comprendre. En 1989, Michael Douglas est ainsi le héros de Black Rain de Ridley Scott. Deux policiers se retrouvent littéralement perdus en terre étrangère, le réalisateur faisant de la ville d'Osaka une sorte de clône de sa ville futuriste de Blade Runner. En 1993, le film Rising Sun de Philip Kaufman adapte un roman de Michael Crichton paru un an plus tôt : on y raconte l'enquête de deux policiers sur le meurtre d'une call-girl dans le building d'une entreprise japonaise. C'est matière à découvrir comment s'y mènent les affaires, à travers le guide John Connor, l'un des enquêteurs expert en civilisation japonaise. La toile de fond de l'enquête est la prise en main possible par les Japonais de l'industrie cybernétique. Un livre qui fut à l'époque l'objet d'une certaine controverse, l'auteur du roman se montrant très virulent à mettre en lumière les méthodes de travail ou l'organisation sociale au Japon (l'adaptation cinématographique allège quelque peu le propos). Certains parlent de racisme. Cette paranoïa de voir l'Amérique se faire supplanter économiquement est en tout cas une forme de résurgence, différente, de sentiments anti-japonais, qui apparaissent en même temps que le pays est en train de payer sa dette aux Nippo-Américains. Il y a donc deux sentiments contradictoires qui s'animent à l'époque où se monte le film. Un contexte paradoxal qui pourrait expliquer en partie son échec en salles aux Etats-Unis.

Black Rain (1989) et Rising Sun (1993) : rivalité financière entre le Japon et les Etats-Unis, de nouvelles tensions.
Black Rain (1989) et Rising Sun (1993) : rivalité financière entre le Japon et les Etats-Unis, de nouvelles tensions.

Come See the Paradise est un film que Parker monte après être sorti de son plus gros succès américain depuis Midnight Express, Mississipi Burning, qui lui a valu sa deuxième nomination à l'Oscar. C'est un film qui en outre a ravivé les débats sur le Klu Klux Klan, le racisme et le combat pour les droits civiques, mais qui a suscité aussi des polémiques sur son contenu ; certains ont reproché à Parker d'avoir étouffé le combat des noirs dans cette lutte pour les droits civiques, en mettant essentiellement en valeur deux agents du FBI incorruptibles qui font un grand nettoyage dans une ville minée par le racisme et où les Noirs ne servent plus que de figurants dans le récit. Il n'empêche, le film fonctionne bien au box-office et permet donc au cinéaste de monter plus facilement son projet suivant avec le même producteur, Robert Colesberry. En lieu et place du distributeur indépendant Orion (aujourd'hui disparu), Parker a le soutien cette fois d'un grand studio, la Twentieth Century Fox, et d'un budget moyen solide pour l'époque, 17 millions de dollars (deux millions de plus que pour son film précédent). Ce que Parker doit peut-être à la présence de Dennis Quaid. Pour interpréter sa partenaire, Parker choisit Tamlyn Tomita. Cette dernière est née au Japon à Okinawa en 1966, d'un père Américain et d'une mère Japonaise, avant de venir s'installer aux Etats-Unis. Passionnée par l'Histoire, elle en fait sa matière majeure à l'université d'UCLA avant de se consacrer au métier d'actrice. Elle tourne depuis plus de vingt ans maintenant, souvent des projets indépendants ou des petits rôles dans des films plus populaires, mais aussi beaucoup de séries télévisées. Elle s'engage souvent auprès de causes sociales ou américano-asiatiques. Come See the Paradise reste un des rares films où elle tient le rôle féminin principal. Pour le reste du casting, les recherches sont plus longues pour Alan Parker :

" J'ai commencé avant même d'avoir l'argent pour mon film. J'ai fait des recherches jusqu'au Japon et à Hawaï. J'ai fait une opération "portes ouvertes" et j'ai vu des milliers d'acteurs avant de réussir à reconstituer ma famille Kawamura. " (*5)

Come See the Paradise (1990) : les camps reconstitués pour la première fois au cinéma.
Come See the Paradise (1990) : les camps reconstitués pour la première fois au cinéma.

Il n'est pas surprenant de retrouver parfois dans les mêmes films la petite troupe que constitue la famille Kawamura, des acteurs comme Stan Egi et Sab Shimono étant souvent engagés dans le peu de rôles consacrés à des Japonais ou Asiatiques aux Etats-Unis. Shizuko Hoshi a peu de films à son actif, mais se trouve être l'épouse de Mako, acteur Nippo-Américain qui avait joué dans les deux téléfilms dont nous avons parlé précédemment. Les lieux de tournages sont fidèles aux endroits décrits et Parker multiplie les déplacements divers (Seattle, Tacoma). Les scènes à Manzanar sont reconstituées à Palmdale.

Au printemps 1990, Come See the Paradise se voit le privilège d'être présenté en compétition officielle du 43ème Festival de Cannes. Mais les critiques sont pour le moins très fraîches et ne suscitent même pas de débats passionnés, comme c'était naguère souvent le cas pour les films du cinéaste, et repart bredouille niveau récompenses. La France étant un pays où Alan Parker a connu de francs succès, elle a, une fois n'est pas coutume, la primeur de la sortie cinéma qui a lieu le 22 septembre 1990. Ainsi, c'est l'Europe qui va avoir la priorité de voir ces camps de relocation des Américano-Japonais, dans un film mis en scène par un Anglais. Si le sujet est occulté aux Etats-Unis, il est proprement inconnu chez nous. Beaucoup découvrent les faits à travers ce film, les journaux en parlant à travers le dossier de presse préparé par la production. Mais à la sortie l'accueil critique est toujours aussi tiède et c'est un échec au box-office. C'est en fin d'année 1990 que Come see the Paradise arrive dans les salles américaines. L'accueil de la presse est mitigé. On reproche à Parker un scénario embrouillé mais également le caractère mélodramatique. C'est le cas de la critique du Washington Post, qui en outre reproche à Parker, en tant qu'Anglais, d'encore une fois " mettre le nez dans nos affaires ". Dans une carrière laborieuse qui le fera élargir au maximum sur un parc de 97 salles seulement, le film s'arrêtera au maigre score total de 947 306 dollars (*6), ce qui en fait un très lourd échec financier en regard de son budget. On peut même dire qu'il s'agit du plus gros échec commercial de la carrière d'Alan Parker.

Longtemps exploité seulement en VHS aux Etats-Unis, le film est sortis en DVD Zone 1 dans une édition minimale le 6 Juin 2006. En France, Come See the Paradise n'a même pas été réédité en VHS après sa sortie vidéo en 1991. On ne sait s'il s'agit de problèmes de droits ou un manque d'intérêt total à ce titre. La cassette video propose le film dans une version recadrée plein écran et uniquement en version française. Donc une exploitation vidéo limitée encore aujourd'hui… Reste la télévision : en France, le film a bénéficié d'un passage sur Canal + et passe quelque fois sur les chaînes du câble et du satellite, mais pas de diffusion hertzienne. Aux Etats-unis c'est la même chose. Le dernier passage sur un grand créneau national s'est fait sur la chaîne CBS le 12 Juin 2004, mais dans un horaire qui n'était pas le prime time. Le film est parfois présenté à des Festivals ou des conventions sur l'internement des Nippo-Américains. L'impact général du film reste très faible. Il n'est guère évoqué dans les articles récents sur Parker ou ses fiches biographiques. Lorsque ce dernier a eu une petite rétrospective en 2003 au Festival du Film Anglais de Dinard, il n'a pas été programmé.

Un montage du pire des camps de relocation : la logique du brûlot.
Un montage du pire des camps de relocation : la logique du brûlot.

Le film d'Alan Parker se révèle avant tout un brûlot : il s'agit de dénoncer un fait méconnu et honteux pour les Etats-Unis, de créer la polémique. Pour ce faire, les images qu'il va recréer du camp (supposé être celui de Manzanar) sont avant tout celles de ce que l'internement peut constituer de plus pénible : problèmes d'hygiènes, climat difficile, logements étroits, travails pénibles, émeutes et surtout ces barbelés qui sont là pour rappeler au spectateur à quel point on a véritablement à faire à un camp pas très éloigné de ceux dont a eu l'habitude de parler comme de l'horreur, au Japon ou en Allemagne. Ce n'est pas qu'Alan Parker mente en montrant des faits exacts, c'est qu'il crée une illusion de la réalité discutable à travers son montage, en choisissant de ne retenir que le pire en enchaînement presque discontinu. Associé à un concept qui est de figurer le tout via plusieurs images chocs, on peut finalement rapprocher le travail de Parker de celui de la publicité à message. Le cinéaste n'invite à aucune réflexion mais dicte au spectateur ce qu'il doit ressentir avec brutalité. On découvre le passé sans avoir droit de réflexion dessus, enfin seulement d'être en accord ou désaccord sur l'ensemble de la démonstration à l'issue de la projection. Mais cette logique du brûlot (plus politique qu'historique) perd ici de son efficacité, de son impact, parce que le metteur en scène y adjoint une autre logique, antagoniste, celle du mélodrame. C'est quelque chose d'intéressant, parce que cet aspect "malade" va donner finalement à l'oeuvre l'impression d'être, vis à vis d'un sujet historique, moins carrée que les précédentes du réalisateur, moins arrêtée sur ces idées biens définies et démonstratives. Des points intéressants ont du coup l'opportunité de s'exprimer: le personnage de Dennis Quaid s'y révèle vite comme une fausse convention exprimant surtout un sentiment d'impuissance générale, et la dernière partie finalement donne pleine expression aux personnages nippo-américains et surtout à une véritable ambition de voir les choses à travers un point de vue féminin. Par la transmission du passé de mère en fille, et par une véritable héroïne Nisei qui le reste jusqu'au bout, Parker ne vole pas l'Histoire de la communauté qu'il décrit. Sans climax véritable, surtout, il ne fait pas de son film un acte de repentance ou de rachat, il laisse ouvert à la reconstruction sans vouloir dire que les blessures sont refermées. De ce point de vue, c'est un film qui échappe aux logiques hollywoodiennes. En tout cas, il a sûrement paru trop bancal en tant qu'oeuvre cinématographique pour arriver à captiver les foules sur un sujet qui finalement à cette époque arrivait en bout de course en même temps qu'il s'imposait enfin.


Où en est le traitement du sujet en 1999 ?


Picture Bride (Kayo Hatta, 1994) avec Youki Kudoh et Tamlyn Tomita.
Picture Bride (Kayo Hatta, 1994) avec Youki Kudoh et Tamlyn Tomita.

Au niveau des fictions de cinéma sur l'internement, rien à Hollywood ne s'est monté entre Snow falling on cedars et Come See the Paradise. Ceci étant sans aucun doute à mettre à l'actif de l'échec cinglant au box-office de ce dernier. Pourtant, la toile de cinéma ne reste pas vierge concernant le sujet. De manière indirecte, les nippo-américains font l'objet d'un film indépendant remarqué en 1994 à Cannes, Picture Bride, exploité par Miramax. Une œuvre réalisée par une japonaise et traitant de l'immigration à Hawaï, le travail dans les plantation et de ces femmes partant rejoindre l'homme qu'elles ont épousées mais jamais vu. Le film met en scène Youki Kudoh, l'héroïne de Snow falling on Cedars, avec celle de Come see the Paradise, Tamlyn Tomita. En 1995, le film The War between us se propose lui de raconter l'internement mais du point de vue des canadiens où une mesure similaire à celle des Etats-Unis a été prise. Une œuvre de fiction ou l'on suit la destinée parallèle de deux familles, l'une asiatique et l'autre blanche. Un film qui n'a pas connu de sortie en France. Concernant les Etats-Unis un pas important a été franchi avec discrétion en 1997 grâce au film Strawberry Fields de Réa Tajiri. Cette dernière n'est pas une inconnue, puisqu'elle avait déjà signée une œuvre remarquée en 1991, History and Memory, plus un essai qu'un véritable documentaire, il s'y associait différentes images : archives sur Pearl Harbour, actualité montrant la sortie des camps de nippo américains, les films de propagandes de l'OWI défendant ces camps, interviews de membres de sa famille, mais aussi des extraits d'œuvres de fictions : Bad Day at Black rock et Come See The Paradise, justement. Le film reflète les questionnements de l'auteur sur la recherche de la vérité, entre le traumatisme de ses parents et grands parents (de la troisième génération, elle n'a pas connu les camps), les discours officiels du gouvernement, des médias. Tajiri déploie l'idée d'un présent hanté par le passé, même si ce passé n'a pas été connu. Le traumatisme des camps peut ainsi se répercuter sur la nouvelle génération. Strawberry Fields reprend nombre de ces recherches de Tajiri sous l'optique de la fiction et de la quête initiatique ou le passé rime avec fantômes:

CINEMA, TEMPS ET HISTOIRE - 1ère partie : Les Nippo-Américains dans le cinéma hollywoodien après Pearl Harbour
“I've always believed in ghosts as psychic stains of the past, things that have never been resolved that demand our attention. I've always been interested in this side of life, the things we can't explain and the ways in which we're haunted by our history. Even if we don't know exactly what happened in the past, we're often left with a psychic legacy to unravel. Strawberry Fields originated from my ghosts, manifested in the ghost-trickster character, Terri, who returns from the dead to reveal clues to her sister Irene about her family's secret past in the WWII internment camps .” (*7)

Le film, situé dans l'Amérique des années 70, a la guerre du Vietnam comme arrière plan du périple de l'héroïne principale, Irène, vers le camp de Poston où fut internée sa famille. Tajiri a tenu à faire avec cette adolescente un portrait de femme d'origine asiatique qui soit complexe, pleine de rage, et différente de ce que montre Hollywood. Il faut bien souligner qu'il s'agit d'une œuvre inscrite dans le cinéma indépendant à petit budget, on est même plus proche de l'underground, le cinéma indépendant étant désormais plus ou moins contrôlé par les grands studios. Ici Tajiri a trouvé ses financements par des organismes gouvernementaux ou nippo américains (comme le NATAA). Le film est projeté dans de nombreux festivals dés 1997, comme ceux de San Francisco, Seattle ou Los Angeles, des villes concernées par les évènements cinématographiques décrits, mais il est également projeté dans le cadre du festival de Venise. En septembre 1998 il est exploité à Los Angeles, puis plus tard New York. Une carrière confidentielle, mais ce petit film est dans la fiction le premier regard porté sur le sujet par une personne de la communauté concernée. Le film est édité en DVD zone 1 (USA et Canada).


A SUIVRE...


*1 Catherine Bouet, citation du film Objective Burma, "De Pearl Harbor à Saïgon, cinquante ans de films de guerre américain", 2001. p.178

*2 Catherine Bouet,op.cit. p.173

*3 Hal Erickson, "All movie guide"

*4 ASIANESQUE.COM (en ligne) - disponible sur le WWW

*5 Christine Haas, op.cit.p.112

*6 BOX OFFICE MOJO, "Come See the Paradise", op.cit.

*7 Tajiri Rea in STRAWBERRYFIELDSLEFILM.COM, "Rea Tajiri's director statement" (en ligne) 1999. Disponible sur WWW




Filmographie sélective


1942 - Little Tokyo U.S.A - Otto Brower
Produit par 20th century Fox. Avec Donald Douglas, June Duprez
Le policier Foster et sa petite amie reporter Joyce mettent en lumière un réseau d'espionnage à Little Tokyo, Los Angeles.

1943 - G.Men vs The Black Dragons - William Witney et Spencer Gordon Bennet
Produit par République.
Des agents américains, anglais et chinois luttent contre une organisation secrète japonaise infiltrée aux Etats-Unis et prenant la forme de momies.

1951 - Go For Broke ! - Robert Pirosh
Avec Van Johnson, George Miki.
L'histoire du 442ème régiment. Nomination à l'Oscar du meilleur scénario.

1955 - Bad Day at Black Rock (Un Homme est passé) - John Sturges
Production: Metro Goldwyn Mayer. Avec Spencer Tracy, Robert Ryan, Lee Marvin.
Quelques mois après la fin de la seconde guerre mondiale, John McReady descend du train dans la petite ville de Black Rock en Arizona. Ce dernier est à la recherche de Komoko, un Japonais à qui il doit remettre la médaille reçue par son fils, mort au combat. Mais il est introuvable et l'hostilité des habitants se fait ressentir.

1961 - Bridge to the Sun (Pont vers le Soleil) - Etienne Périer
Avec Caroll Baker.
Une femme américaine épouse un diplomate japonais qu'elle suit aux Etats-unis après Pearl Harbor.

1971 - If Tomorrow Comes (TV) - Georges Max Cowan
Produit par Aaron Spelling. (ABC). Avec Patty Duke Astin.
Une jeune américaine épouse un américain d'origine japonaise, juste avant Pearl Harbor.

1976 - Farewell to Manzanar (TV) - John Korty
Production : Korty films et Universal, diffusé la première fois le 11 Mars 1976. (NBC)
27 Mai 2001 : LA Asian Pacific film festival : nominé à l'Emmy Awards, a remporté un "Human Prize". D'après Jean Wakatsuki Houston.

1990 - Come See The Paradise - Alan Parker
Produit par 20th Century Fox. Avec Tamlyn Tomita, Dennis Quaid.
La saga d'une famille d'origine japonaise pendant les évènements de la seconde guerre mondiale, sur la côte ouest américaine : internement et histoire d'amour interraciale contrariée.

1994 - Picture Bride - Kayo Hatta
Avec Youki Kudoh, Tamlyn Tomita.
Présenté à Cannes : une femme part rejoindre son mari qu'elle n'a jamais vu à Hawaï.

1995 - The War Between us - Anne Wheeler
Produit par Atlantis, CBS, Croish a films.
La relation entre une famille blanche et japonaise pendant la seconde guerre mondiale. Les camps d'internement au Canada.


1997 - Strawberry Fields - Rea Tajiri
Avec Suzy Nakamura, James Sie.
Au début des années 70, le périple d'Irène, 16 ans, à la recherche de l'histoire de sa famille d'origine nippone, internée au camp de Poston pendant la seconde guerre mondiale.

1999 - Snow Falling on Cedars - Scott Hicks
Produit par Universal, Kennedy/Marshall… d'après David Guterson. Avec Youki Kudoh, Ethan Hawke, Max Von Sydow.
Le procès pour meurtre d'un citoyen américain d'origine japonaise sur une petite île en 1950 ranime les souvenirs de la communauté.

2004 - Only The Brave - Lane Nishikawa
Avec Jason Scott Lee, Mark Dacascos, Tamlyn Tomita.
Les périples du 442ème régiment pendant la seconde guerre mondiale.





texte dernièrement actualisé le 18 juin 2006 (ajout dvd zone 1 de Come See the Paradise et remarque sur Die hard)

Mardi 30 Mai 2006
Guillaume Bryon (Ishmael Chambers)

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