CINETUDES
Samedi 11 Octobre 2008
1:06
Joe DANTE

EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie



EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie


Origine : Etats-Unis
Genre : Fantastique
Nombre d'épisodes : 19
Durée des épisodes : 25 minutes
Acteurs récurrents : Omri Katz, Justin Shenkarow, Jason Marsden...


Eerie Indiana est une série télévisée créée en 1991 par José Rivera et Karl Schaefer et diffusée par la Fox, le dimanche soir en même temps que les émissions d'informations... Un mauvais créneau, qui eut pour conséquence de générer un faible taux d'audience et donc l'arrêt pur et simple de la série au dix-neuvième épisode, avant même que la première saison ne soit achevée. Une honte, tant cette série, sur laquelle Joe Dante travailla en tant que "conseiller créatif" (et ce n'est pas un terme creux : Dante déclara lui-même avoir fortement été écouté, en plus d'avoir réalisé 5 épisodes) constitue une excellente héritière de La Quatrième Dimension. Sans ouvertement dupliquer le concept de la série de Rod Serling, Rivera, Schaefer et Dante inventent une ville, Eerie, dans l'Indiana, qui sous ses apparences de petite ville américaine typique est en réalité le centre planétaire de l’Etrange. Mais seuls peu de personnes s'en rendront compte, le principal témoin étant Marshall Teller, le personnage central de la série. Un gamin venant tout juste d'emménager en ville avec ses parents et sa grande sœur Syndi... Marshall, accompagné de son jeune voisin Simon, découvrira donc de nombreux cas sortant de l'ordinaire et conservera à chaque fois une preuve de ses découvertes, rangeant le tout précieusement dans une armoire, pour prouver que Eerie est bel et bien la capitale des choses bizarres...

Les personnages principaux


EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie



Episode 1 : Foreverware

EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie
Diffusé le 15 août 1991. Réalisé par Joe Dante.

Juste après son arrivée à Eerie, la famille Teller est accueillie par une représentante du voisinage qui se trouve également être la représentante commerciale de Foreverware, une marque de tupperwares révolutionnaire qui permet aux aliments de ne jamais pourrir... Intrigués par cette bonne femme étrange toute droit sortie du début des années 50 et appelés à la rescousse par les jumeaux de cette même femme, Marshall et son voisin Simon vont se rendre compte qu'en plus de maintenir la nourriture intacte pendant des décennies entières, les foreverware préservent également la jeunesse éternelle !

Un épisode qui pose le ton décalé de la série, à la fois humoristique et effrayant. Non pas effrayant comme peuvent l'être L'Exorciste ou La Maison du Diable, mais effrayant dans le genre où l'épouvante naît de situations absurdes, exagérées et filmées avec une mise en scène comparable à celle des classiques de l'horreur, principalement des années 30 à 60, alliée à des effets résolument modernes. Contre-plongées excessives, décadrages bizarres, jeux de lumière surréalistes, alliés à un décorum coloré et à l'environnement bourgeois d'une petite ville américaine... Tout ceci est déjà annoncé dans le générique de la série, qui évoluera au fil du temps, mais qui s’orne ici de monstres en noir et blanc (dont Bela Lugosi) sur lesquels les personnages modernes s’imposent en couleur ! Un bon condensé du ton de la série dans son ensemble… Mais revenons à cet épisode précis, le premier, et son histoire de tupperwares sources de jeunesse éternelle. Et bien c'est donc très très étrange, ne se prenant jamais au sérieux et ne versant jamais dans le comique excessif. Le rire naît davantage du surréalisme de l'ensemble, comme dans cette scène où les ménagères éternellement bloquées dans leur époque démodée font la hola après avoir entonné l'hymne Foreverware !

Dante, réalisateur de cet épisode, se fait plaisir en illustrant ces vestiges préservés du passé par un environnement fin des années 50 début des années 60 et en les affublant du comportement archi-calibré de l'époque (les fameuses réunions tupperware). Il se fera également plaisir en prenant dans son casting sa fidèle actrice Belinda Balaski (ici en ménagère hippie) et en nous dévoilant les lits-tupperware des jumeaux bloqués dans la même classe depuis 30 ans. Une étrangeté comique parfaite pour le réalisateur, qui selon ses propres dires a pris énormément de plaisir sur cette série. Et cela s'en ressent. Très plaisant, cet épisode constitue une entrée en matière fascinante.

Episode 2 : The Retainer

EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie
Diffusé le 22 septembre 1991. Réalisé par Joe Dante.

Marshall et Simon découvrent que le bizarre appareil dentaire de leur camarade obèse Steve est capable de servir de radio et de capter les pensées des chiens de la ville. Et ces pensées ne sont guère réjouissantes, puisque les chiens, menés par une caniche à l'accent français et par un husky sadique, préparent une révolution pour se libérer du joug des humains...

Le second épisode de la série, réalisé comme le premier par Joe Dante, continue sur la lancée bizarroïde de l'épisode précédent. Là non plus le comique n'est pas excessif et se marie avec une épouvante classique alliée à un sens du visuel issu des cartoons Warner. On appréciera notamment la scène où Steve se fait poser son appareil dentaire ressemblant à un engin de torture par un dentiste, le docteur Eukanuba (campé par feu Vincent Schiavelli, un homme au visage de fou que l'on a pu voir dans Batman Returns), ressemblant plus à un savant fou qu’à un honnête chirurgien dentaire. Mais ceci dit, cet épisode est moins réussi que le précédent. Dante ne se lâche pas autant sur les références, et les trouvailles relatives à cet étrange appareil dentaire et aux pensées des chiens n'interviendront pas assez brutalement pour créer véritablement la surprise. Malgré tout, cela reste d'un bon niveau, très original (la conception du gentil chienchien en prend un coup), et la fin, assez ambiguë, sera réjouissante.

Episode 3 : ATM with a Heart of Gold

EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie
Diffusé le 29 septembre 1991. Réalisé par Sam Pillsbury.

Le père de Marshall, inventeur de profession, inaugure l'installation du premier distributeur de billets gentil. C'est à dire qu'un des distributeurs de la ville accueille désormais les clients avec un personnage virtuel nommé Mr Wilson. Mais Mr Wilson va vite se sentir seul, et va sympathiser avec Simon, lui aussi esseulé depuis que Marshall tente de se faire des amis de son âge. C'est ainsi que Mr Wilson distribuera de l'argent à tour de bras à Simon, faisant de ce dernier le gars à la mode, tandis que l'économie de la ville s'écroulera.

Un épisode qui n'est pas réalisé par Joe Dante, et, ceci expliquant peut-être cela, ATM with a Heart of Gold est à peine honnête. L'histoire n'est pas franchement passionnante et s'accompagne d'un certain sens moral plutôt malvenu, à savoir en gros que l'argent ne fait pas le bonheur et que les nouveaux amis du jeune Simon s'intéressent plus à son argent qu'à lui-même. Guère travaillé tout ça. La part belle est laissée ici à Simon, qui suit la mode et devient une espèce de Parrain local. Ce qui permet au jeune acteur, malheureusement, de verser dans une interprétation typiquement infantile avec une nette tendance au surjeu (une tare fréquente dans les productions mettant en vedette des gamins). On se plaira certes à voir la décadence de la ville, qui se transforme assez vite en dépotoir, mais ces séquences, en plus d'être trop courtes, interviennent trop tard pour rendre compte d’une réalité sociale allant en se dégradant.

Episode 4 : The Losers

EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie
Diffusé le 6 octobre 1991. Réalisé par Joe Dante.

On revient à du haut niveau avec cet épisode de Joe Dante qui s'intéresse à un problème de la vie quotidienne trop souvent passé sous silence : les objets qu'on égare, alors qu'ils étaient là, sous nos yeux, il n’y a pas cinq minutes... Le phénomène étant un peu trop fréquent au goût de Marshall et de Simon, les deux se mettent à enquêter. En se cachant dans une malle vouée à disparaître, Marshall sera amené là où tous ces objets divers et variés vont : dans une entreprise secrète située dans le sous-sol de la ville où un certain Mr Lodgepoole s'occupe d'ordonner les "pertes", tandis que son employé Al s'occupe de les ramasser en surface.

Alors déjà, disons tout de suite que les deux responsables des objets perdus sont des figures habituelles du cinéma de Dante : Lodgepoole est en effet incarné par Henry Gibson (le voisin louche et macabre de The Burbs) et Al par l'indispensable Dick Miller (qu'on ne présente plus). Cela fait grandement plaisir de les trouver ici associés, surtout que leurs personnages sont très attachants. Ce ne sont pas vraiment des voleurs puisqu'ils s'occupent juste d'une entreprise bizarre et qu'ils agissent en hommes d'affaires ou en employés. En outre, Dante situe la plus grande partie de son épisode dans le bureau de Lodgepoole, un lieu très étrange avec des objets en tous genres disposées partout, avec des éclairages bizarres, avec des gros tuyaux de communication qui ne sont pas sans rappeler le Brazil de Terry Gilliam, et avec des moniteurs pour communiquer avec un Dick Miller qui possède différents points de livraisons situés dans les moins raisonnables endroits (dans une machine à laver d'une laverie automatique !). Tout ceci est très étrange, d'un comique pince-sans-rire irrésistible, bref bien dans l'esprit de la série. Du très très bon.

Episode 5 : Scariest Home Videos

EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie
Diffusé le 20 octobre 1991. Réalisé par Sam Pillsbury.

Un soir d'Halloween, Marshall et Simon se retrouvent obligés de garder le petit frère de Simon. Ils le mettront devant un film en vidéo... Sauf que le sale mioche va trouver moyen d'entrer dans le film de momie qu'il regarde, tandis que la momie, elle, ira dans le sens inverse et se retrouvera dans le monde réel...

Un épisode qui n'est pas réalisé par Joe Dante, mais qui aurait très bien pu lui convenir tant le principal souci du scénario est de parvenir à mêler deux atmosphères : celle d'une banlieue américaine des années 80 et celle véhiculée par les classiques de l'horreur des années 30 et 40. Car il ne fait aucun doute que c'est au célèbre film La Momie de Karl Freund auquel il est principalement fait référence, ici. Le noir et blanc, les décors et la mention de l'acteur "Boris Von Orloff" (Orloff pouvant également faire références aux films de Jess Franco), tout y est pour situer la référence au cinéma d'horreur gothique d’antan, en apparent contraste avec la petite ville de Eerie Indiana. Concrètement, ce décalage prend la forme d'une invasion progressive de la ville par les brumes et se renforce encore par toute l'ambiance macabre créée par la fête d'Halloween. Une fête qui justement permet à la momie de déambuler sans être remarquée... Sauf de Marshall et Simon, bien entendu, qui vont essayer d'une part de sauver leur peau mais aussi d'isoler la momie pour la renvoyer dans son film. Au final, la momie apparaîtra comique, d'autant plus qu'un ultime rebondissement final bien pensé viendra prouver qu'elle n'est pas bien méchante. Contrairement au jeune frère de Simon, ce sale gamin qui se retrouve donc dans le film à la télévision, traquant l'héroïne du film en lieu et place de la momie. C'est là la meilleure idée de l'épisode : faire du gamin le vrai méchant... Pas un méchant de film d'horreur, non, mais une tête à claque bien plus dangereuse pour l'héroïne du film que n'aurait pu l'être la momie. Au final, cet épisode, moins consensuel qu'il n'y parait, est un beau petit moment d'ironie macabre, doublé d'une belle référence au cinéma d'épouvante classique.

Episode 6 : Just say no fun

EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie
Diffusé le 27 octobre 1991. Réalisé par Bryan Spicer.

Après s'être querellé avec un de leur camarades de classe, Marshall et Simon sont envoyés chez l'infirmière pour une "révision des yeux". Punition étrange, mais qui cache en fait un perfide système transformant les gosses jugés turbulents en premiers de la classe binoclards ayant perdus tout intérêt envers les loisirs et autres activités adolescentes.

Un épisode plutôt sympathique, qui nous présente en fait une variation du thème des Body Snatchers. Mais ce n'est pas la propagation du communisme extra-terrestre ou des corruptions politiciennes qui sont en jeu ici : c'est l'invasion du politiquement correct et de la morale destinée à créer des enfants voulus parfaits par certains cadres du système scolaire. Annihilant ainsi tout ce qui constitue les traits caractéristiques de l'enfance, la méthode à base d'hypnose et de grosses lunettes d'intello est donc en train de gagner la ville. On s'apercevra même que les adultes sont touchés. L'application du conformisme par la force menace donc sévèrement, et pour la combattre, un seul moyen, découvert par Marshall : des gags pourris ! Le vieux truc du faux nez, de la fausse moustache et des fausses lunettes est le meilleur recours et Marschall ne s'en privera pas pour libérer Simon, devenu un jeune intello trop sage. Mine de rien, ce gag résolument pourri apporte à l'épisode aux propos déjà amusants en eux-mêmes un certain décalage propre à la série. Le faux nez est présenté de façon grandiloquente par un commerçant rebelle (Archie Hahn, un habitué des films de Joe Dante) comme une arme ultime. Symbole d'une jeunesse qui préfère encore la bêtise la plus éculée au conformisme imposé d'une façon assez peu libertaire.

Episode 7 : Heart on a Chain

EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie
Diffusé le 3 novembre 1991. Réalisé par Joe Dante.

Retour de Joe Dante pour cet épisode ambitieux en ce qui concerne l'évolution du personnage de Marshall, puisqu'il lui donne une petit amie. Ou du moins, il le fait hériter d'une petite amie récemment sauvée par la greffe d'un cœur qu'elle tient de Devon Wilde, un ami de Marshall qui au tout début de l'épisode s'était livré avec lui à une cour effrénée pour s'attirer les sentiments de la belle Melanie Monroe. Mais Devon a fini par se faire écraser par un camion, ce qui fait que le cœur de la belle (sentimentalement parlant, cette fois) est échu à Marshall. C'est là que les ennuis vont commencer pour lui : car en ayant intégré le cœur de Devon, Melanie a pris la même personnalité que lui, qui semble même vivre à travers elle et exprimer sa jalousie sous la menace d'une crise cardiaque !

Si le sujet d'une greffe donnant à son bénéficiaire la personnalité du donneur n'est pas nouvelle, le traitement imposé par cet épisode l'est davantage puisque tout se passe chez des adolescents. Dante n'hésite pas à montrer un gamin mourir, se payant même le luxe de prolonger jusqu'au cimetière. Pour une série télé pour gosses à tendances comiques, qui plus est à une époque où la télévision n'était pas aussi permissive qu'aujourd'hui, c'est plutôt osé. Mais malheureusement, c'est à peu près tout que cet épisode aura à proposer d'intéressant. Le reste se perd en romance impossible, traitée sans trop de recul : l'amour, pour un adolescent, est un sujet difficile, surtout aux yeux de sa famille. Quant à la mort, elle l'est tout autant, mais il faut l'accepter, aussi dur que cela puisse être à de jeunes gens comme Marshall et Melanie. L'épisode s'achève sur un plan final d'un niais peu commun chez Dante. Bref ce n'est pas palpitant et on pourra même regretter la mort de Devon, personnage de gosse très intéressant car n'étant rien d'autre qu'un James Dean de 12 ans (son nom de famille, Wilde, soit au "e" près le mot anglais pour le terme "sauvage", est éloquent, de même que sa devise : "live fast, die young"). Melanie Monroe, quant à elle, est bien entendue une référence à Marilyn Monroe, même si cette fois sa personnalité est moins proche de celle de son modèle que celle de Devon l'était de James Dean. Une occasion comique de gâchée, pour un épisode globalement décevant.

Episode 8 : The Dead Letter

EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie
Diffusé le 10 novembre 1991. Réalisé par Tim Hunter.

En fouillant dans un vieux bouquin, Marshall et Simon trouvent une lettre datée de 1929. Dès qu'ils l'ouvrent apparaît le fantôme d'un jeune homme mort avant d'avoir remis cette lettre à sa promise... Sous peine de voir leur vie envahie par le revenant, les deux garçons se verront contraints d'apporter la lettre à l'ex-dulcinée devenue vieille aigrie...

Un épisode qui continue dans la même voie que le précédent, c'est à dire sur un créneau romantique un peu niais. Encore plus ici que dans le précédent, puisqu'il n'y a même pas d'effets comiques suffisamment réussis pour faire passer la pilule. On suivra donc sans grand intérêt la gentillette persécution à laquelle se livre le fantôme (interprété par un jeune Tobey Maguire), la rencontre avec sa promise encore bien vivante mais qui dubite, et bien entendu le dénouement convenu au possible et d'autant moins appréciable qu'il s'orne d'une morale franchement bête sur la nécessité de déclarer son amour dès que l'on en a l'occasion. Pas grand chose à rajouter, et cet épisode, pourtant signé par un ancien réalisateur de la série Twin Peaks (qui tout comme Eerie Indiana met la bizarrerie à l'avant-plan, d'une façon ceci dit un peu plus adulte), est probablement le plus mauvais depuis le début de la saison. La mise en scène elle-même, pourtant l'un des gros points forts de la série, fait défaut ou du moins ne sait pas relever ce bien fade spectacle, si ce n’est pour une scène onirique plutôt bien pensée.

Episode 9 : Who's Who

EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie
Diffusé le 17 novembre 1991. Réalisé par Tim Hunter.

Signé du même Tim Hunter, cet épisode se révèle bien plus intéressant même si ne délaissant pas tout à fait le côté romantique qui avait un peu plombé Heart on a Chain et qui avait carrément coulé The Dead Letter. Il nous raconte l'histoire de Sara Bob, une jeune adolescente qui se découvre le pouvoir de modifier la réalité en fonction de ses desseins. Après quelques tentatives purement ludiques, elle va se mettre en tête de changer sa propre famille composée uniquement de "Bobs". Bob le papa, un ivrogne dégueulasse, et les Bobs frangins, insupportables petits cons qui en l'absence de leur mère considèrent leur sœur comme la bonne à tout faire. Sara va donc leur clouer le bec, les plongeant dans des situations plutôt originales. Et elle va surtout s'attribuer la mère de Marshall comme sa propre mère, au grand dam du héros de la série qui va tout faire pour la convaincre de revenir à une situation plus normale. Là aussi, la morale affichée n'est pas des plus reluisantes et le courage des enfants malheureux est prôné. Un discours assez classique voire conformiste. Mais heureusement, il s'accompagne de séquences assez délirantes, suffisamment débridées pour évoquer It's a Good Life, l'excellent épisode réalisé par Joe Dante pour La Quatrième Dimension le film, au sujet plus ou moins similaire. Ce n'est certes pas du même niveau, loin de là, mais l'épisode possède son propre charme (le côté "punk" des mini-Bob, notamment, ou encore l’esthétique conte de fées rose bonbon que finit par donner Sara Bob à sa maison).

Episode 10 : The Lost Hour

EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie
Diffusé le 1er décembre 1991. Réalisé par Bob Balaban.

Retour aux sources de la série avec un épisode au sujet très étrange, évoquant furieusement Les Langoliers de Stephen King. Refusant l'idée qu'à Eerie le changement d'heure n'a pas cours (ce qui fut par ailleurs effectivement le cas jusqu'à cette année dans certaines parties de cet Etat américain), Marshall va reculer sa montre d'une heure. Il se réveillera dans un Eerie isolé, où personne ne semble vivre. A l'exception d'inquiétants éboueurs faisant disparaître ce qui leur passe sous la main y compris les humains, d'un mystérieux laitier et d'une jeune fille qui un an plus tôt a également reculé sa montre.

Un épisode bizarre, donc, au sujet accrocheur et qui vaut par la mise en scène de Bob Balaban (on ne vantera jamais assez les mérites de son film Parents) qui confère aux éboueurs à la fois un côté effrayant mais aussi un certain humour décalé très adapté à cette série. Le laitier, quant à lui, sera moins inquiétant mais il cachera des choses qui, sans y paraître, donneront de précieuses indications sur la vie future de Marshall. Enfin, on évitera le côté romance de la rencontre entre ce même Marshall et la jeune fille devenue rebelle, les deux nouant plutôt un sens de l'amitié qui se développera dans des situations plutôt bien vues et évitant tout penchant pour la niaiserie. Un bémol cependant sur la fin, où là aussi la vie de famille classique est montrée sous un jour limite propagandiste... L'inévitable inconvénient d'une série pour enfants.

Episode 11 : Marshall's Theory of Believability

EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie
Diffusé le 2 février 1992. Réalisé par Bob Balaban.

Mise en abyme proposée par cet épisode qui nous montre l'arrivée à Eerie du Docteur Zircon et de son musée du paranormal. Marshall voit là le moyen de démontrer que Eerie est bien la capitale de l'étrangeté, d'autant plus que le docteur annonce l'atterrissage imminent d'un OVNI dans la ville. Jusqu'ici rien de bien particulier, mais la mise en abyme se fera ressentir dès que la situation habituelle va s'inverser : Marshall et Simon (ce dernier commençant d'ailleurs à devenir un peu inutile) vont devenir sceptiques sur les annonces de Zircon tandis que les autres citoyens vont se persuader que l'objet qui s'est échoué est bel et bien un OVNI. Bref le doute va planer et planera jusqu'à la fin. Balaban joue avec efficacité avec les codes de la série, tout en se payant le luxe de présenter encore les bizarreries habituelles, comme les objets du musée, ou encore comme le comité de citoyens qui est composé notamment d'un vrai/faux Elvis Presley qui n'en est pas à sa première apparition dans la série (il est notamment dans le générique) et qui continue à vivre en public dans l'indifférence générale.

Pas de message particulier à deviner ici, si ce n'est peut-être sur la prudence nécessaire face aux apparences. Et c'est tant mieux, car plus la série tend à véhiculer des idées éducatives grossières, plus elle s'éloigne de son excellent postulat de départ qui est avant tout de présenter des évènements étranges comico-horrifiques (ou comico-science fictionnels, c'est selon).

Episode 12 : Tornado Days

EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie
Diffusé le 1er mars 1992. Réalisé par Ken Kwapis.

Ken Kwapis réalise cet excellent épisode qui nous parle des "tornado days", c'est à dire une période de l'année à Eerie où une tornade frappe la ville et où les habitants sont invités à festoyer ensemble. Mais Marshall et Simon refusent d'aller à cette fête, ce qui va provoquer la colère de la tornade elle-même qui traquera les deux gamins jusqu'à ce qu'ils montrent leur respect. Et au passage, en même temps qu'elle frappera la maison des Teller, elle laissera tomber un étrange objet baptisé le "tornado rider", en réalité un engin dans lequel un savant se déplace pour étudier et combattre Old Bob, la tornade en question ! Un excellent épisode, très comique et qui s'attarde également sur la destinée des adultes qui sont partis faire la fête et qui se retrouvent bloqués ensemble tandis que la tempête sévit. Une assemblée de personnages très étranges, parmi lesquels on retrouve encore une fois Elvis, de même qu'un flic tendance Twin Peaks qui commence à devenir récurrent. On y voit aussi la sœur de Marshall, Syndi (Julie Condra, qui ne sait que froncer les sourcils)... Mais revenons à Marshall, à Simon et au possesseur du Tornado Rider, Wally. Et bien ils répondent exactement à ce que l'on attend d'eux : ils défient la tornade Old Bob, révèlent le pourquoi du passage régulier de "Old Bob" discutent même avec lui (ou elle ?) via une invention digne des savants fous du cinéma des années 50.

Très fantaisiste et très amusant, cet épisode est assez survolté et très plaisant grâce aussi au fantasque Wally, prototype du gentil savant fou. A noter des effets spéciaux plutôt limités, avec des stock shots ou des surrimpressions, mais là aussi, cela contribue à l'humour d'un ensemble qui ne se prend pas au sérieux.


A SUIVRE...






EERIE INDIANA / 1991-1992 - 1ère partie
Un débat sur le cinéaste est ouvert sur notre ESPACE DE DISCUSSION !!





Samedi 03 Février 2007
Loic Blavier (Walter Paisley)


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