Passons un peu en revue les westerns que tu as écrits : Sette pistole per i MacGregor …
L’idée du film – sept garçons turbulents au sein d’une famille écossaise – fut lancée par Duccio Tessari dans le bureau du producteur Sabatello . Duccio avait cette faculté de créer un film comme ça, tout en parlant, et il savait être très convaincant. Mais souvent son seul but était de sortir du bureau un gros chèque à la main. Après, le projet ne l’intéressait plus vraiment, ou alors il était déjà en train de travailler sur un autre film. Je fus donc appelé pour rencontrer Sabatello . Celui-ci me demanda d’écrire un scénario à partir de cette histoire que Duccio lui-même avait déjà dû oublier ou bien alors ne se rappelait que vaguement. Sabatallo, lui, était resté sous le charme du bagout de Duccio et, en tout cas, se souvenait mieux que lui de son idée de film. On se mit donc au travail, Enzo Dell’Aquila et moi, ou plutôt Vincent Eagle et Fernand Lyon pour l’occasion. Le résultat était un western un peu burlesque, très rythmé, avec des personnages bien campés et beaucoup de morts. Le réalisateur – très compétent - Franco Giraldi (ou Frank Garfield ) mis tout son savoir-faire au service de ce film qui fut un succès en salles. Rappelons cependant que la sensibilité de Franco Giraldi allait vers d’autres genres cinématographiques, comme le démontreront ses films suivants. Les recettes ayant été très bonnes, il fut donc décidé d’en réaliser une suite, intitulée Sette Donne per i MacGregor (parce qu’il fallait bien marier nos jeunes héros). Enzo Dell’Aquila et moi mirent l’accent sur le côté burlesque parce que l’on s’était aperçu tous les deux que, dans les salles, le public était davantage sensible, dans ces intrigues, à l’aspect comique que dramatique. Par exemple, les morts des vilains étaient généralement vécues comme des gags. Cette suite marcha également bien en salles. Il est vrai que ces deux films, qui mélangeaient le sérieux au pur divertissement, anticipaient alors bien l’évolution d’un genre qui a finit par s’échouer dans la parodie au milieu des années 70. Duccio Tessari est crédité comme scénariste au générique du premier. En réalité, il n’en a pas écrit une ligne ni ne nous a livré l’un de ses fulgurants gags dont il avait le secret. Le sujet, pour des raisons de coproduction avec l’Espagne, est attribué à un certain David Moreno . Inutile de préciser qu’il s’agissait là d’une sombre magouille administrative.