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Fernando DI LEO
Fernando Di Leo - 5e partie
Venant directement alimenter ce large débat, la description des premiers émois sexuels adolescents et l’étude du machisme – comportement difficilement dissociable de l’image (ou plus exactement du cliché) véhiculé par le mâle italien et indirectement lié au valeurs patriarcales défendues par la démocratie chrétienne - constitueront à eux seuls d’authentiques sous-genres au sein de la production cinématographique transalpine de l’époque, la gent masculine italienne y perdant au passage une grande partie de sa superbe. Deux thématiques que l’on retrouve d’ailleurs au cœur de La Seduzione de Fernando Di Leo, cinéaste parmi les plus impliqués dans cette entreprise de remise en cause de valeurs morales phares de la société italienne d’après-guerre.
A la fois drame bourgeois, film érotique et étude de mœurs, La Seduzione est une œuvre plutôt surprenante de la part du cinéaste italien, pas tant dans son mélange des genres – Fernando Di Leo ayant alors déjà démontré à plusieurs reprises son aptitude à jouer sur plusieurs registres à l’intérieur même d’un seul film – que par sa tonalité générale, imprégnée d’une mélancolie propre aux récits d’Ercole Patti et fort éloignée de l’approche frontale habituellement privilégiée par Fernando Di Leo dans ses films "à messages" (tout comme dans ses purs films de genre d’ailleurs). Même les très belles séquences érotiques du film ne cherchent pas tant à bousculer le spectateur en insistant sur la nature un rien choquante de la relation amoureuse qui lie Giuseppe à Graziella qu’à plus simplement jouer sur la sensualité de ces moments intimes, à retranscrire à l’écran cette inéluctable montée du désir envahissant progressivement ces deux êtres.
Tout comme précédemment I Ragazzi del massacro et Milano Calibro 9, La Seduzione n’est pas un sujet original mais une adaptation d’œuvre littéraire. Soit le roman Graziella du journaliste et écrivain Ercole Patti, publié en 1970 et traduit en Français sous le titre Une Jeune fille de Catane. Né en 1904 à Catania - là même où se déroule l’action de La Seduzione – et disparu en 1976, Ercole Patti restera dans l’Histoire de la littérature italienne comme le grand peintre des amours adolescents au sein de la bourgeoisie italienne et sicilienne d’après-guerre. Et, outre La Seduzione, trois de ses romans et nouvelles feront l’objet d’adaptations cinématographiques au cours de la période 60 - 70 : Un amore a Roma de Dino Risi en 1960, Un Bellissimo novembre signé Mauro Bolognini en 1968 – sans doute le film le plus connu des quatre sur notre territoire – et sa suite, La Cugina réalisé par Aldo Lado en 1974.
Catania, sur la côte est de la Sicile : terre natale de l’écrivain journaliste Ercole Patti.
Dès le très beau générique de début, tout en nuance, en impressions évanescentes, Fernando Di Leo nous plonge au cœur de l’univers sensuel et nostalgique d’Ercole Patti. Giuseppe rentre au pays, dans cette Sicile qu’il avait quitté une dizaine d’années auparavant pour se lancer dans le journalisme. Dans le train qui le ramène à Catania, l’air frais semble lui manquer. Sur place, c’est une carriole qui, en guise de taxi, le dépose au pied de l’imposante demeure familiale vide dont il est l’unique héritier. Déconstruite chronologiquement, cette séquence nous fait découvrir en quelques plans une Sicile à la fois chaleureuse et vaguement inquiétante, ensoleillée mais un rien étouffante, un pays vivant encore en partie dans le passé et, on l’imagine sans mal, le respect de traditions ancestrales. L’occasion déjà pour Fernando Di Leo d’enrichir son sujet de considérations sociales sur ce petit bout d’Italie juste après sa première aventure sicilienne, Il Boss, réalisée quelques mois auparavant.
Alfredo ou une certaine idée de la femme.
Première partie de ce drame en trois actes : les retrouvailles de Giuseppe et Caterina. L’occasion tout d’abord pour Fernando Di Leo de tourner en ridicule le mâle sicilien, dont l’un des plus beaux spécimens est sans nul doute Alfredo le joaillier, l’ami d’enfance de Giuseppe. Cette savoureuse caricature de macho vantard et suffisant aimant visiblement par-dessus tout dispenser ses conseils et réflexions sur l’amour, le romantisme et plus généralement le rôle de la femme dans nos sociétés occidentales modernes va bien sûr s’avérer très utile au cinéaste dans sa tentative de dénonciation de certains comportements sexuels rétrogrades et obsolètes encore ouvertement prônés en Italie au début des années 70. Plus pathétique que détestable, ce pauvre Alfredo se révèlera vite être le jouet d’une femme beaucoup plus fine que lui au fil d’une intrigue secondaire qui, au cas où les mésaventures à venir de Giuseppe ne suffiraient pas à bien nous le faire comprendre, développe un message ouvertement progressiste pour l’époque dans sa vision de la femme, élément intègre, fédérateur et indépendant lorsqu’elle le souhaite, tenant tête à des hommes faibles, lâches et pour tout dire un peu perdus.
Un premier acte qui permet également à Fernando Di Leo de s’attarder sur la bourgeoisie sicilienne le temps d’une scène de cocktail mondain qui marquera les retrouvailles de Giuseppe et Caterina. On savait déjà le cinéaste peu enclin à l’indulgence envers cette classe sociale dont il avait notamment fustigé toute l’hypocrisie dans Brucia, ragazzo, brucia, et on ne s’étonnera donc pas de le voir nous brosser un portrait de la bourgeoisie locale bien senti dont aucun des membres – Caterina mise à part – ne ressort grandi. L’accent est en effet avant tout porté sur l’oisiveté et la superficialité d’un petit monde qui s’indigne de sujets futiles, se gausse de blagues grasses et semble se régaler des derniers ragots lâchés sur les uns et les autres.
Une vision critique de la bourgeoisie sicilienne.
Enfin, cette partie introductive place au centre de l’intrigue le personnage de Caterina, jeune veuve encore soucieuse d’être désirable, élevant seule sa fille adolescente, la troublante Graziella. Ce portrait de femme mûre en quête d’une certaine forme d’émancipation n’est pas non plus un élément thématique nouveau au sein de l’œuvre de Fernando Di Leo : Brucia, ragazzo, brucia et Amarsi Male proposaient déjà au travers de leur intrigue de beaux portraits de femme. Cette nouvelle étude de caractère au féminin a toutefois la particularité d’intégrer en son sein un paramètre d’observation supplémentaire, celui des relations mère/fille au moment où cette seconde devient femme à son tour. Un sujet sensible, flirtant avec la provocation, sujet de ceux auprès desquels Fernando Di Leo a toujours aimé se frotter. Un thème qui trouvera par ailleurs un étrange écho dans les problèmes d’ego que le cinéaste et son producteur Armando Novelli auront à gérer sur le tournage avec Lisa Gastoni, actrice sur le déclin supportant alors assez mal l’arrivée dans le cinéma italien d’une concurrence professionnelle beaucoup plus jeune et provocatrice qu’elle. De là naîtront l’éviction d’Ornella Muti, actrice envisagée au départ par Armando Novelli pour le rôle de Graziella, et une tension hors champ constante entre Lisa Gastoni et Jenny Tamburi.
Lisa Gastoni - Jenny Tamburi : une relation mère-fille / star-starlette difficile.
Enfin, dernière étape marquante de la première partie : cette scène d’amour entre Maurice Ronet et Lisa Gastoni, sans doute la séquence déshabillée la plus explicite du film quoique paradoxalement la moins chargée érotiquement. Un moment d’intimité au cours duquel - réminiscences de la thématique féministe développée dans Brucia, ragazzo, brucia - Caterina confie à Giuseppe n’avoir plus jamais retrouvé un plaisir sexuel identique à celui ressenti lors de leur première relation amoureuse, quelques vingt ans plus tôt.
Le vif de son sujet, La Seduzione y entre avec l’officialisation de la liaison entre Caterina et Giuseppe et l’arrivée de ce dernier sous le toit de sa nouvelle conquête. Le récit se recentre dès lors rapidement sur une série de petits jeux de séduction auxquels va se livrer Graziella sur l’infortuné mais consentant Giuseppe, offrant ainsi à Fernando Di Leo l’une de ses plus belles occasions d’oeuvrer dans un genre cinématographique, l’érotisme, très proche de sa sensibilité d’artiste engagé socialement. Ce nouvel aspect de La Seduzione se voit brillamment illustré à l’écran par deux des séquences les plus marquantes du film : une scène de séduction sur canapé particulièrement sensuelle, joliment mise en lumière par Franco Villa et enveloppée par les chauds accords musicaux du compositeur argentin Luis Bacalov et, en quelque sorte le prolongement direct de cette scène dans l’histoire, une seconde séquence sexy, autre description d’une montée progressive de plaisir impliquant également Giuseppe et Graziella, mais cette fois dans la chambre de la mère de cette dernière. Deux passages d’une grande délicatesse, à ranger dans l’oeuvre de Fernando Di Leo auprès de la très belle scène de lesbianisme de Avere vent’ anni et que le cinéaste entrecoupe malicieusement de nouvelles théories d’Alfredo le joaillier sur la psychologie féminine, poignée de réflexions particulièrement savoureuses dans leur machisme exacerbé.
L’érotisme : l’une des principales composantes de l’œuvre de Fernando Di Leo.
Si l’on est guère surpris dans ce second acte par la volonté assez évidente de Fernando Di Leo de bousculer le spectateur en allant au-delà de ce que la société démocrate chrétienne italienne d’alors était en mesure d’accepter, quitte à prendre le risque de passer une fois de plus pour un provocateur opportuniste (et bien que, selon Armando Novelli, la première version du scénario, rédigée par Fernando Di Leo seul, était autrement plus salée), on reste davantage étonné, de la part d’un cinéaste de terrain plutôt habitué à travailler dans l’urgence, par l’élégance, la délicatesse de toutes ces séquences comme, plus généralement, par le raffinement esthétique et sensoriel que dégage l’ensemble du film. Plus surprenant encore : alors qu’on aurait pu penser qu’un cinéaste socialement concerné comme Fernando Di Leo profite pleinement de ce sujet pour parachever l’étude très critique des mœurs siciliennes entamée sur son précédent film, Il Boss, oeuvre totalement ancrée dans la réalité économique, politique et sociale de la Sicile des années 70, on constate ici qu’au contraire, les premières séquences du film passées, le cinéaste atténue, voire gomme volontairement tout ce que son intrigue pouvait revêtir de typiquement sicilien. L’intrigue et les personnages demeurent largement confinés à l’appartement - reconstitué en studio - de Caterina (un appartement dont l’artificialité se trouve renforcée par Fernando Di Leo lui-même dans la première scène d’amour entre Caterina et Giuseppe). Quant aux extérieurs, pour la plupart dédiées aux élucubrations d’Alfredo, elles ne cherchent jamais à aller au-delà de l’image cliché que l’on peut se faire de la Sicile, pays baigné de soleil peuplé de machos beaux parleurs passant leurs journées à la terrasse des cafés.
La distribution elle-même a de quoi surprendre le spectateur familier de l’œuvre d’Ercole Patti. En effet, des quatre interprètes principaux, seul Pino Caruso – vu chez nous dans le Dupont-Lajoie d’Yves Boisset - peut se targuer d’être un authentique produit sicilien. Lisa Gastoni, elle, est native de Savona au nord de l’Italie, Jenny Tamburi est romaine et Maurice Ronet … Français. Soit à priori un ensemble disparate pouvant facilement faire sombrer le film dans une totale artificialité et qui pourtant fonctionne parfaitement dans le cadre de ce processus de "désicilianisation" de l’intrigue. Le choix de Maurice Ronet, formidable acteur et véritable incarnation à l’écran de la fragilité masculine, s’avérant même des plus judicieux (étrangement, cet acteur nous livrera son dernier grand rôle dans un film au sujet très proche de celui de La Seduzione : Beau-Père de Bertrand Blier). Reste le cas Jenny Tamburi qui, âgée tout de même de 21 ans au moment du tournage, peine à se faire passer pour une jeune adolescente et demeure le seul maillon faible de cette attrayante distribution.
Mon beau-père, ma mère et moi : Maurice Ronet, Lisa Gastoni et Jenny Tamburi.
Cette absence de fort ancrage géographique et social, revendiquée d’ailleurs par le cinéaste lui-même, ne s’avère donc pas préjudiciable au film. La Seduzione, derrière ses quelques audaces et son propos féministe, se veut avant tout une œuvre d’atmosphère, un mélodrame du sud classique - dans le sens le plus noble du terme - seulement traversé sporadiquement de touches "di leoniennes". C’est d’ailleurs sur ce classicisme que repose la troisième et ultime partie de film, démarrant avec la découverte par Caterina de la liaison entre Giuseppe et sa fille. Si, envisagée au sein de l’œuvre engagée de Fernando Di Leo, cette dernière demie-heure ne présente rien de très pertinent, du moins offre-t-elle à Lisa Gastoni l’occasion de se mettre particulièrement en valeur dans ce qui se résume à une série d’affrontements verbaux intenses, poussant inexorablement le récit vers sa tragique conclusion.
La touche la plus personnelle de ce dernier tiers vient finalement du style narratif brusquement beaucoup plus rugueux qu’emploie alors Fernando Di Leo. Là où d’autres auraient privilégié une mise en scène fiévreuse, accentuant la gravité du drame se profilant en coulisse, Fernando Di Leo opte pour une réalisation extrêmement sobre, voire sèche, recourant notamment à plusieurs reprises à la caméra portée à l’épaule afin d’intensifier la gravité de ces séquences d’altercations. On retrouve ici le style dégraissé des films noirs du réalisateur, en tout cas jusqu’à l’avant-dernière scène du film, avant cet épilogue dans la grande tradition du drame à l’italienne au cours duquel le cinéaste revient à une approche dramatiquement plus appuyée et sans doute un peu plus en phase avec les racines populaires de son sujet. Un final qui, étrangement, ne va pas sans rappeler celui de Il poliziotto è marcio.
Tragédie all’italiana.
Face notamment aux grands films noirs de Fernando Di Leo, La Seduzione peut paraître d’un intérêt secondaire. Le cinéaste italien aborde bien quelques sujets qui fâchent mais sans réellement chercher à bousculer les spectateurs comme à ancrer fortement son sujet dans une réflexion socio-politique plus vaste sur l’Italie du début des années 70. Toutefois, ce que le film perd en personnalité, il gagne en partie en efficacité et, à la différence de films pêchant souvent par abondance comme I Ragazzi del massacro, I Padroni della citta’ ou Avere vent’anni qui, dans leurs nombreuses et parfois très violentes ruptures de ton, réclament du spectateur une attention soutenue, La Seduzione se laisse suivre avec une facilité inédite chez Fernando Di Leo, donnant au final une impression d’œuvre totalement aboutie. Fernando Di Leo - L’interview
Cinquième partie : Erotica Di Leo
Par Davide Pulici, avec son aimable autorisation. Traduit de l’italien par Mauro Grattieri.
L’érotisme est un élément indissociable de ton oeuvre, un élément prépondérant … et je pense ici tout particulièrement à La Seduzione. Avec ce film, tu abandonnes momentanément le cinéma d’action pour revenir aux thématiques de Brucia, ragazzo, brucia et d’Amarsi Male …
Ce n’était pas quelque chose de calculé. C’est arrivé comme ça, c’est tout. On m’a proposé de lire le livre d’Ercole Patti, Graziella. Comme d’habitude, j’avais repéré dans cette histoire les éléments qui me plaisaient. Quant à ce qui, à mes yeux, manquait, je l’ai ensuite rajouté moi-même ainsi que je l’ai l’habitude de le faire. Patti ne participa pas à l’écriture du scénario mais il fut heureux du résultat et estima que "l’esprit" du livre était respecté. Ce qui n’est que partiellement vrai car certains aspects du livre propres à l’univers de Patti ne se retrouvent pas à l’écran comme le caractère typiquement sicilien de l’histoire. J’ai volontairement atténué cette caractéristique du récit car il me fallait répondre à certaines exigences vis-à-vis de la distribution du film. Je parle là de Lisa Gastoni. J’ai donc écrit moi-même le scénario mais, pour elle, j’ai dû ensuite faire appel à une femme, Luisa Montagnana, pour donner davantage de style, de personnalité à certaines de ses scènes. Avant d’obtenir Lisa Gastoni, qui ne fréquentait plus les plateaux de tournage depuis plusieurs années, il m’a fallu batailler avec les responsables de la distribution, opposés à ce choix. J’ai finalement eu le dernier mot et j’ai pu la faire travailler avec moi. Et je dois avouer qu’elle s’est révélée très bonne dans le rôle de la mère souffre douleur. Pour interpréter Graziella, j’avais choisi et mis sous contrat Ornella Muti, mais Lisa Gastoni ne la voulait pas à ses côtés. Ornella Muti était déjà une superbe créature à l’époque, mais Lisa Gastoni aussi était une très belle femme … J’ai donc payé Ornella Muti et l’ai remplacée par Jenny Tamburi. Malheureusement ce changement impliquait d’importantes modifications au sein du récit car Jenny Tamburi étant indiscutablement moins belle qu’Ornella Muti, son travail de séduction se devait d’être beaucoup plus élaboré afin d’arriver à convaincre Maurice Ronet de coucher avec elle. Alors que vouloir coucher avec Ornella Muti était quelque chose d’évident à faire accepter au spectateur …
Et le choix de Maurice Ronet ?
Ce choix s’imposait, au niveau de l’âge, du physique. Il était taillé pour ce rôle : celui d’un séducteur éternel, d’un bouc émissaire. Mes rapports avec Maurice furent très amicaux : il voulait toujours parler politique mais mon Français est médiocre et, comme c’est un sujet qui réclame une réflexion poussée, ce n’était pas possible de discuter de ça. Le soir, il buvait beaucoup, moi je buvais moins. Pino Caruso était une autre personnalité forte présente dans le film, un acteur bourré de talent mais qui n’a jamais trouvé la place qu’il méritait dans le monde du spectacle. Il y a une scène vraiment réussie dans le film : celle de la séduction entre Jenny Tamburi et Maurice Ronet. Je pense qu’on peut la placer parmi les meilleures réalisées dans le domaine de l’érotisme au sein du cinéma européen de l’époque (comme dans le cinéma américain qui, lui, ne s’intéresse pas vraiment à ça. Ailleurs il n’y a guère que le Japon qui soit familier avec la représentation de l’érotisme à l’écran … et puis la France qui, de temps en temps, réussit des choses bien dans ce registre). Même si La Seduction a été mon plus gros succès commercial, je ne le considère pas comme quelque chose de très important dans ma carrière, je pense seulement à ce film avec "affection".
Avec Lisa Gastoni, par contre, il y eu quelques heurts … La vérité, c’est que c’était une femme névrotique peu sûre d’elle qui avait peur de ne pas être à la hauteur pour son retour à l’écran. Elle n’avait pas confiance en elle, n’était pas sure de pouvoir interpréter ce personnage et doutait des compétences de Franco Villa qu’elle jugeait uniquement capable de photographier des films d’action. Et, entre deux crises de larmes, elle cherchait querelle à tout le monde, y compris à moi une fois. C’est le film achevé, au moment de doubler les voix, qu’elle s’est rendue compte que La Seduzione était un grand drame populaire qui risquait de rencontrer un gros succès. Et en effet le film rapporta beaucoup, ce qui lui offrit la possibilité de tourner encore 3 ou 4 films dans la foulée. Que peut-on dire d’autre ? Que Lisa Gastoni était une actrice de caractère mais aussi une femme très fragile qui aurait sans doute pu devenir une star en Amérique et qui en Italie s’est seulement débrouillée du mieux qu’elle a pu.
Ce film marque aussi le début d’une jolie carrière pour Jenny Tamburi …
Jenny a tourné beaucoup de films après le mien. Je me rappelle lui avoir conseillé à l’époque de se calmer un petit peu mais, pour des raisons financières, elle ne m’a pas écouté. Cela explique la brièveté de son succès. Qui était cette fille qui interprétait l’amie de Graziella, Barbara Marzano, et ou l’avais-tu trouvé ? Elle était splendide. C’était la fille d’un journaliste, un homme particulièrement laid. Une beauté pulpeuse, ainsi qu’on peut le voir dans sa scène déshabillée. Si je me rappelle bien, elle tenait une boutique rue Sistina. (*célèbre artère de la capitale romaine) Dossier et Interview à suivre... [i] Pour débattre de Fernando Di Léo, rejoignez le sujet qui lui est réservé sur le FORUM Lundi 15 Mai 2006
Emmanuel Verlet
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