Frankenheimer : 7e (1970-1971)
Difficile de rendre compte de façon plus pertinente de l’étendue de la palette cinématographique sur laquelle, film après film, John Frankenheimer réussit à retravailler les mêmes thèmes qu’en se penchant sur I Walk the Line, peinture sans concession d’une Amérique rurale de la désolation morale, et Les Cavaliers, nouveau singulier mélange de grand spectacle et d’étude de caractère en partie tourné en Afghanistan. Deux films d’apparence très différents, et qui, pourtant, se rejoignent dans ce regard particulier posé par le réalisateur sur des individus incapables d’affronter un cadre familial et, plus largement, social ressenti chez eux comme oppressant.
- I WALK THE LINE ( 1970 )
Le Pays de la Violence
Avec Gregory Peck (Sheriff Henry Tawes); Tuesday Weld (Alma McCain); Estelle Parsons (Ellen Haney Tawes); Ralph Meeker (Carl McCain); Lonny Chapman (Bascomb); Charles Durning (Deputy Wylie Hunnicutt); Jeff Dalton (Clay McCain); Freddie McCloud ; Jane Rose; J.C. Evans ; Margaret A. Morris ; Bill Littleton ; Leo Yates ; Nora Denney.
Scénario : Alvin Sargent - Photographie : David M. Walsh - Montage : Henry Berman, Harold F. Kress - Chansons : Johnny Cash. Durée : 95 mn. Distribué par : Columbia.
Henry Tawes, shérif vieillissant d’une petite bourgade du fin fond du Tennessee, ruine sa carrière et sa vie privée en tombant amoureux de la jeune Alma McCain, fille d'un trafiquant d'alcool.
" Les gens que vous voyez dans I Walk the Line, qui ne font rien que regarder avec des yeux vides, je les ai surpris au téléobjectif. Et derrière cette façade, il y a une violence, plus secrète, mais tout aussi brutale que dans les villes. " John Frankenheimer
Si Les Parachutistes arrivent était une œuvre inquiète, Le Pays de la violence , seconde incursion du réalisateur au coeur de l’univers rural américain, est lui empreint d’un pessimisme quasi intégral. Les Parachutistes arrivent se concluait en effet sur une petite note d’espoir en l’avenir : le jeune Malcolm s’engouffrant dans un train porteur d’espérances, alors que résonne au loin une fanfare célébrant le 4 juillet, fête nationale américaine. Filmée en un seul et très beau plan large, cette séquence vient se heurter frontalement aux dernières images du Pays de la violence - série de portraits volés d’une population locale aux visages hagards, presque sans vie - et à son ultime plan fixe d’Henry Tawes à terre, figé dans sa douleur.
Nouvelle histoire d’amour illusoire et destructrice prétexte à un portrait sans concession d’une Amérique des coins perdus (le Tennessee, en l’occurrence) puant l’ennui, la bêtise et l’étroitesse d’esprit, Le Pays de la Violence marque, pour deux raisons essentielles, une étape importante dans l’œuvre de John Frankenheimer . Tout d’abord parce qu’il s’agit sans doute là de l’aboutissement de cette longue quête d’épure stylistique menée par le cinéaste au lendemain de Grand Prix . Ensuite, et de façon étroitement liée à la raison pré-citée, parce que Le Pays de la Violence apparaît clairement au sein de l’œuvre de John Frankenheimer comme un point de non retour, faisant figure chez son auteur d’ultime baroud avant son inévitable marginalisation auprès des grands studios hollywoodiens. Car comment ne pas considérer le choix de ce sujet aussi peu propice à séduire les foules, de la part d’un réalisateur alignant depuis quatre ans les échecs financiers cinglants, autrement que comme la réponse ferme et définitive à tout ceux qui, du côté des grands studios américains, persistaient alors encore à voir en lui un spécialiste du film d’action à grand spectacle et rien d'autre.
Thématiquement indissociable des Parachutistes arrivent , Le Pays de la Violence n’en est toutefois pas une redite. Le ton se veut donc beaucoup plus âpre, encore plus dépouillé. En outre, afin d’éviter soigneusement de se répéter dans la forme comme dans la réflexion, John Frankenheimer va s’entourer ici presque exclusivement de nouvelles têtes (demeurent néanmoins de familiers à l’univers du cinéaste son ami le producteur Edward Lewis et les monteurs Henry Berman et Harold F. Kress ). Avec, au coeur d’une remarquable affiche, cette idée séduisante de réunir à nouveau Gregory Peck (contre le souhait du réalisateur, qui désirait obtenir Gene Hackman , au départ, pour le rôle principal) et le scénariste Alvin Sargent , un an après L’Homme sauvage , le magnifique western new age de Robert Mulligan . Apôtre du non-dit, peintre des douleurs cachées, Alvin Sargent , qui retravaillera d’ailleurs ce thème de l’adultère 30 ans plus tard via l’intéressant Unfaithful d’Adrian Lyne , ne pouvait en effet trouver meilleur écho à son style elliptique, tout en nuance, que dans le ton sobre, sans emphase, employé ici par John Frankenheimer . Aucune insistance donc quant aux rapports troubles qui semblent lier Alma à son père (superbement interprété par cette brute de Ralph Meeker ), pas de scènes à effets tapageurs dans l’évocation de la dislocation du couple Tawes. Tout juste des pistes, quelques phrases ou questions presque insignifiantes et pourtant, en définitive, beaucoup plus fortes et justes que n’importe quel long monologue.
Film particulièrement amer et, quelque part, nouveau reflet de l’état dépressif dans lequel s’enfonçait progressivement John Frankenheimer depuis déjà deux ans, Le Pays de la violence s’inscrit également, et bien évidemment, au centre de la thématique générale de l’œuvre de son auteur, fondée sur la dénonciation de l’aliénation de l’individu par son environnement. A la différence près que, cette fois, les efforts déployés par le personnage d’Henry Tawes pour échapper à son existence vide de sens, et à un univers provincial étouffant de conformisme, ne débouchent que sur une nouvelle forme d’aliénation – celle de son amour pour la jeune Alma McCain.
Mais John Frankenheimer envisage t’il pour autant le parcours de son personnage principal comme relevant de l’échec sans appel ? A y regarder de plus près, peut-être pas. Car si Henry Tawes a certes tout détruit autour de lui dans le but de changer de vie, de repartir "à zéro" - au risque de sans doute payer ce rêve de seconde chance le prix fort - il n’en reste pas moins que cette tentative de bonheur avortée demeure, dans son absence de résignation même, un indéniable signe de vie chez ce personnage. Quel sera son avenir maintenant ? John Frankenheimer se garde bien de répondre, laissant tout de même plus de perspectives d’avenir à son "héros" que, par exemple, aux personnages d’Anthony Hamilton de L’Opération Diabolique ou de Mike Rettig, dans Les Parachutistes arrivent , autres parcours d’individus cherchant à échapper à une existence sans but.
Comme l’on pouvait s’y attendre, Le Pays de la violence ne va pas déplacer les spectateurs en masse ni rencontrer beaucoup d’échos auprès de la critique à sa sortie en salles, le 18 novembre 1970. "Trop pessimiste" jugeront, pour la plupart, ses détracteurs, lorsqu’ils ne remettront pas en cause le choix, dans un total contre-emploi il est vrai, de Gregory Peck dans le rôle principal. Jugement que semble d’ailleurs partager John Frankenheimer qui déclarera, à ce sujet, qu’" avoir (Gregory Peck) dans le rôle d’un shérif du Tennessee détruisit instantanément toute crédibilité (au film) ", ajoutant tout de même, lorsque interrogé sur ses sentiments à l’égard du Pays de la violence, qu’il considérait celui-ci comme " un film intéressant (qui) capture très, très bien certains aspects de ce monde rural (…) et de ses habitants des montagnes, avec leurs codes d’honneur familiaux, leur système d’éducation et leur propre notion de ce qui est moral ou ne l’est pas ."
Face à ce nouvel échec critique et public et, plus généralement, face à l’incompréhension générale à laquelle se heurtait son œuvre depuis déjà plusieurs années, John Frankenheimer répondra en s’éloignant un peu plus encore, pendant près de quatre ans cette fois, du sol américain et des studios hollywoodiens.
Ce qu’ils en ont dit :
Offbeat but aimless drama, helped by excellent Weld performance.
( Leonard Maltin’s movie and video guide )
Une oeuvre en creux, construite sur le doute, l’échec, l’incompréhension, à l’encontre des règles de la dramaturgie hollywoodienne. Très belle photo de David Walsh. Un lyrisme doux-amer rythmé par les chansons de Johnny Cash.
( 50 ans de cinéma américain )
- THE HORSEMEN ( 1971 )
Les Cavaliers
Avec Omar Sharif (Uraz); Leigh Taylor-Young (Zareh); Jack Palance (Tursen); David de Keyser (Mukhi); Peter Jeffrey (Hayatal); Mohammad Shamsi (Osman Bey); George Murcell (Mizrar); Eric Pohlmann (Merchant in Kandahar); Ishaq Bux; Carlos Casaravilla; José Luis Chinchilla; Mark Colleano; P. De Quevedo; Despo; Vernon Dobtcheff; Saeed Jaffrey; Leon Lissek; Ricardo Palacios; Salmaan Peerzada; Milton Reid; Aziz Resham; John Ruddock; Vida St. Romaine; Sy Temple; Jesús Tordesillas; Tom Tryon; Barbara Wain; Alan Webb.
Scénario : Dalton Trumbo - Photographie : Claude Renoir - Photographie additionnelle : André Domage, Wladimir Ivanov, James Wong Howe (non-crédité) - Montage : Harold F. Kress - Musique : Georges Delerue. Durée : 109 mn. Distribué par : Columbia.
A Kaboul s'affrontent les meilleurs cavaliers d'Afghanistan. L’un d’eux, Uraz, tombe et se casse la jambe, tandis que son coéquipier sauve l'honneur en gagnant le concours. Uraz doit alors se faire amputer avant de retourner affronter son père au village natal.
" Le script de Dalton Trumbo était sacrement bon. Tout était basé sur cette idée de passer de scènes d’action à grande échelle à une histoire véritablement intimiste. " John Frankenheimer
Huitième et avant-dernière association entre John Frankenheimer et le producteur Edward Lewis , Les Cavaliers marque, en apparence du moins, pour son auteur, un retour vers un cinéma plus épique, plus viril, et plus conforme à ce que lui réclamait Hollywood depuis Le Train et Grand Prix . Mais en apparence seulement car, à travers cette adaptation du roman de l’écrivain globe-trotter français Joseph Kessel , c’est en fait bel et bien à une étude de caractère qu’entend avant tout se livrer le réalisateur de L’Homme de Kiev . Drame humain déguisé en film d’aventures : Les Cavaliers use donc, on l’aura saisi, d’une recette pas tout à fait nouvelle chez son auteur, une recette qui lui avait d’ailleurs fort bien réussie deux ans auparavant, sur Les Parachutistes arrivent .
Un tournage sur place, en Afghanistan
Après deux films entièrement consacrés à l’Amérique profonde de l’ère Vietnam, John Frankenheimer reprend donc le large et s’en va poser sa caméra au cœur de l’Afghanistan, quelques années avant que l’invasion du pays par les soviétiques n'en fasse jusqu'à aujourd'hui encore l’un des endroits les plus explosifs au monde. Un tournage sur place qui va d’ailleurs s’avérer si éprouvant – pas de logement autre que des tentes pour l’ensemble de l’équipe, de grosses difficultés pour s’approvisionner en nourriture – qu’il contraindra John Frankenheimer à quitter l’Afghanistan plus tôt que prévu, non sans avoir pris soin de boucler toutes les principales scènes du film situées en extérieurs. Et c’est ainsi qu’après six mois passés sur le sol afghan, toute l’équipe s’envolera pour le sud de l’Espagne, afin d’y achever le tournage des Cavaliers .
" Ce fut une expérience fascinante " se remémore néanmoins le cinéaste dans John Frankenheimer, a conversation with Charles Champlin , avant de nous livrer sans doute les plus étonnantes anecdotes de tout l’ouvrage de Champlin , de ses démêlés aériens à la frontière afghano-russe au tournage épique de l’une des séquences clef du film, celle du tournoi de buzhashi .
A l’écran, aucune grosse star ni aucun acteur véritablement familier à l’univers du cinéaste. Mais quelques têtes connues néanmoins, comme celles d’Omar Sharif et de Jack Palance . Premier et unique choix du cinéaste et son producteur dès la mise en chantier du projet, Omar Sharif possèdait en fait l’énorme avantage d’être un cavalier confirmé. Quant au reste de la distribution, il sera composé majoritairement d’acteurs européens (espagnols ou anglais), voire indiens, acteurs spécialisés dans ces rôles dits "exotiques", ceci afin de palier à l’absence totale de comédiens professionnels en Afghanistan, pays ne connaissant d’ailleurs à cette époque ni la télévision, ni le cinéma.
Derrière la caméra, John Frankenheimer va retrouver deux de ses plus illustres collaborateurs de la décennie précédente. Tout d’abord, et de façon assez surprenante lorsqu’on sait que les deux hommes ne s’étaient pas exactement quittés en bons termes à l’issue de leur première association, le plus célèbre black-listé des scénaristes américains : Dalton Trumbo , aux côtés duquel le cinéaste avait déjà travaillé sur L’Homme de Kiev . Puis le directeur de la photographie James Wong Howe , dont le travail sur L’Opération Diabolique , d’une fabuleuse créativité, avait grandement aidé à faire de ce film l’une des œuvres majeures de son auteur. Reste que ces dernières retrouvailles seront de courte durée. James Wong Howe quittera en effet rapidement le tournage, considérant cette fois les partis pris visuels de John Frankenheimer un peu trop radicaux pour lui. Pour l’anecdote, c’est son assistant John A. Alonzo , le futur directeur de la photographie de Black Sunday , qui assurera l’intérim avant l’arrivée du français Claude Renoir .
Principal challenge que va devoir relever John Frankenheimer sur le tournage de ces Cavaliers : la réalisation de la scène de buzkashi, ce sport afghan extrêmement violent, consistant, pour résumer, en une course de chevaux dont les participants se disputent une carcasse d’animal. Des prises de vue qui vont s’étaler sur 25 jours au cours desquels, toujours soucieux de poser le regard le plus réaliste, le plus "honnête" (un mot-clef du vocabulaire du cinéaste) possible sur son sujet, John Frankenheimer s’évertuera à restituer à l’écran fidèlement ces étonnants tournois équestres. Avec pour résultat, une spectaculaire séquence de près de 11 minutes constituant indéniablement le morceau de bravoure du film, séquence dans laquelle Omar Sharif effectue en outre l’ensemble de ses cascades, après que sa doublure se soit retrouvée, dès le premier jour de tournage, sur un lit d’hôpital les deux jambes fracturées.
De son côté, Dalton Trumbo s’appliquera, lui, à suivre scrupuleusement l’œuvre de Joseph Kessel , avouant "humblement" que l’histoire écrite par le romancier français ne nécessitait de toute façon aucune modification, aucune retouche.
La spectaculaire séquence du tournoi de Buzhashi, nouveau témoignage dans le cinéma de John Frankenheimer d’un regard ouvert sur le monde du 20ème siècle dans toute sa diversité culturelle
Certes moins atypique que Les Parachutistes arrivent ou Le Pays de la violence , Les Cavaliers se démarque pourtant clairement, comme ses deux prédécesseurs, d’un traditionnel film de studio hollywoodien. On y retrouve évidemment cette vision d’ethnologue propre au cinéaste, et quasi unique au sein du cinéma américain, vision du monde parfois un peu naïve mais néanmoins sincère et débordante de respect pour les cultures qu’elle approche. Mais également un thème récurrent aux premiers films de John Frankenheimer , celui du poids parfois destructeur, souvent oppressant, de la cellule familiale sur l’individu. Avec ici, comme dans Mon Père, cet étranger , l’accent porté plus particulièrement sur les rapports filiaux.
Pourtant, malgré l’implication évidente de tous ses principaux participants, Les Cavaliers échoue à s’élever au rang de véritable réussite majeure dans la filmographie de son réalisateur. L’une des raisons les plus facilement identifiables de ce semi échec se trouve peut-être déjà dans ce flagrant manque d’unité visuelle entre les scènes tournées en studio, donnant à l’ensemble un aspect vieillot et artificiel, et les somptueuses séquences en extérieurs du film, les seules dans lesquelles on retrouve véritablement ce regard passionné et intègre essayant de saisir aussi souvent que possible l’homme au sein de son environnement quotidien. D’ailleurs, au final, et au-delà de l’intrigue romanesque un brin classique du film, ce qui retient l’attention ici, c’est ce regard respectueux porté sur la population d’un pays aux rites ancestraux oubliés par le temps, et dont les rares traces de modernisme – une jeep, un avion dans le ciel, quelques généraux à lunettes fumées - semblent presque incongrues dans un tel contexte.
Quoi qu’il en soit, trop sombre dans ses séquences d’action et se réclamant globalement plus de l’analyse psychologique que du grand film d’aventures, le résultat plaça les pontes de la Columbia, qui avaient tout de même investi ici quelques quatre millions et demi de dollars, dans la même position un peu embarrassée que celle de leurs homologues de la MGM deux ans plus tôt, à leur vision des Parachutistes arrivent . Le film aurait alors subi dans l’urgence, aux dires de certains, un re-montage intégral, dans le but, on l’imagine, de rendre l’ensemble un peu plus commercial.
La version de John Frankenheimer sur les déboires que rencontra Les Cavaliers au montage est toutefois bien différente. Lorsque le cinéaste s’engagea sur ce projet, la Columbia lui aurait en effet promis pour le film une sorte de traitement de faveur à sa sortie, traitement réservé aux productions du studio d’une durée avoisinant les trois heures et qui garantissait notamment aux Cavaliers un circuit de diffusion pré-établi sur le sol américain avec des places réservés dans certains cinémas. Bref, une combinaison gagnante présentant le film au public comme un évènement majeur et connue alors, dans le jargon cinématographique américain, sous l’appellation de roadshow picture. Et puis, au beau milieu du tournage, la Columbia fit marche arrière. Plusieurs de ses représentants vinrent voir John Frankenheimer en Espagne et lui annoncèrent tout simplement que le studio avait décidé d’abandonner ce système des roadshow pictures. « Nous allons sortir ce film de la même façon que tous les autres, et ce que nous voulons maintenant, c’est un film de deux heures et non de trois heures et quart. Il va falloir faire des coupes ». Le cinéaste tenta bien de les en dissuader, en leur rappelant que, de toute façon, la majeure partie du film avait déjà été tournée. Mais la Columbia demeura inflexible et John Frankenheimer s’exécuta, coupant ainsi plus d’une heure de son film et déstructurant en partie l’histoire telle qu’écrite par Dalton Trumbo.
Néanmoins, qu’il ait été victime d’un tripatouillage sauvage du studio ou plus tristement de coupes supervisées par John Frankenheimer lui-même, Les Cavaliers échappe tout de même dans l’ensemble, à quelques enchaînements de scènes abrupts près, au massacre intégral tel que, pour n’en citer qu’un seul célèbre, le connaîtra La Porte du Paradis dans sa version de 1981. Et même s’il semble évident que le film, assez sec dans sa partie intimiste, aurait gagné en force et pertinence à voir ses personnages développés sur cette durée initialement prévue de trois heures.
Les Cavaliers va débouler dans les salles américaines le 24 juillet 1971. Et, sans tenir de la débandade financière telle que l’avait connu le cinéaste sur ses précédents travaux, ne fera au bout du compte rien non plus pour rassurer les financiers d’Hollywood quant à la solvabilité de son réalisateur au box-office. Lequel, sorti plutôt amer de cette expérience, décidera de son côté de prolonger un peu plus son exil français, laissant momentanément le cinéma de côté pour se lancer dans … la cuisine et s’inscrire au Cordon Bleu à Paris.
Ce qu’ils en ont dit :
Old fashioned action adventure mixes uncomfortably with soul-searching in Dalton Trumbo’s script. Filmed in Afghanistan and Spain. Beautiful photography by Claude Renoir.
( Leonard Maltin’s movie and video guide )
Le pessimisme du ton, la tristesse qui imprègne cette oeuvre sont caractéristiques [du style de Frankenheimer], mais le film déçoit, malgré deux séquences remarquables.
( 50 ans de cinéma américain )
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