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John FRANKENHEIMER
Frankenheimer : 9e (1974-1975)
Avec Richard Harris (Harry Crown); Edmond O’Brien (Oncle Frank); Bradford Dillman (Eddie); Ann Turkel (Buffy); Chuck Connors (Zuckerman); Constance Ford; David Hall, Katherine Baumann, Janis Heiden; Max Kleven; Karl Lukas; Anthony Brubaker; Jerry Summers; Roy Jenson; Bernie Dobbins; Chuck Robertson. Scénario : Robert Dillon - Photographie : Ralph Woolsey - Photographie additionnelle : Lamar Boren - Montage : Harold F. Kress - Musique et chanson : Henry Mancini. Durée : 98mn. Distribué par : 20th Century Fox. Lorsque 2 gangs se partagent une ville grande comme Los Angeles, il y en a forcement un de trop. Entre Oncle Frank et Big Eddie, c’est le combat des chefs. Et, avec eux, la guerre des gangs fait rage par tueurs à gages interposés … jusqu’à l’arrivée d’Harry Crown.
Il serait facile de simplement voir dans ce retour de John Frankenheimer à un cinéma de pur divertissement l’expression d’une lassitude personnelle, de sa résignation face aux diktats hollywoodiens qu’il avait jusqu’alors si ardemment combattu. Certes Refroidi à 99% n’est pas vraiment une réussite et n’a pas la même ambition que des œuvres aussi âpres et exigeantes que Le Pays de violence ou The Iceman cometh . Mais John Frankenheimer a-t-il pour autant jeté l’éponge ici, comme la critique aime à le penser. Difficile à dire : celui-ci a en effet souvent entretenu les paradoxes, ne serait-ce qu’en passant régulièrement de superproductions internationales à des œuvres intimistes. Et on peut très bien considérer cette escapade du côté du film noir ironique comme un nouveau défi que se serait lancé un auteur conscient que ses derniers travaux tendaient à l’enfermer dans un veine "auteurisante" un rien hermétique. Reste, évidemment, que le résultat n’est pas très convaincant. D’ailleurs, John Frankenheimer lui-même jugeait le film de façon lapidaire, le qualifiant tout simplement d’"erreur".
Refroidi à 99% ne manque pourtant pas d’ambition à la base. Et l’on voit assez bien ce qui a pu séduire le cinéaste dans ce mélange atypique de violence froide et d’humour noir, voire macabre, écrit par celui qui, deux ans auparavant, avait signé le scénario du très réjouissant Carnage de Michael Ritchie. Refroidi à 99% est avant tout une œuvre intègre, affichant clairement son anti-conformisme, tout comme la plupart des précédents travaux du cinéaste. S’intéresser à Refroidi à 99% pousse d’ailleurs à se pencher dans le même temps sur l’oeuvre de Michael Ritchie précitée. Ces deux films produits par Joe Wizan et écrits par le scénariste Robert Dillon , formé à l’école de la série B américaine des années 60 (on lui doit, parmi ses travaux de jeunesse, le script du très sympa Man with X ray eyes de Roger Corman ), comportent en effet de nombreuses similitudes.
Première ressemblance frappante : l’intrigue. Elle est globalement la même dans les deux films. Soit celle d’un gangster, véritable dur à cuire, sommé par un parrain local d’éliminer un rival aux méthodes particulièrement vicieuses. Plusieurs séquences du film de Michael Ritchie sont d’ailleurs savamment dupliquées ici. Citons la séquence d’ouverture, s’attardant sur les méthodes d’élimination physiques employées par Oncle Frank et Big Eddie (séquence dont l’idée principale – celle d’un cimetière sous-marin pour victimes des guerres de gangs – sera ultérieurement revendiquée par Sergio Leone ), qui nous renvoie directement à la mémorable scène couvrant le générique de début de Carnage , descriptif de l’exécution d’un gangster, littéralement passé à la moulinette par le redoutable "Mary-Ann", proxénète et directeur d’une usine de conserves de viande à ses heures perdues. Ou bien encore l’affrontement final entre Harry Crown et Big Eddie, à l’intérieur d’une inquiétante blanchisserie, véritable décalque de l’avant-dernière scène de Carnage , une sanglante confrontation dans l’usine de conserve précitée entre Nick Devlin, personnage principal du film de Michael Ritchie, et "Mary-Ann".
De la même façon, Refroidi à 99% récupère, avec malheureusement beaucoup moins de succès, la plupart des seconds rôles de Carnage . Le personnage du frère totalement allumé de "Mary-Ann" prend ici les traits d’un tueur manchot non moins givré travaillant au service de Big Eddie. Quant à Harry Crown, il est flanqué d’un débutant plein de bonne volonté, tout comme précédemment Nick Devlin, son alter ego de Carnage . Enfin, on retrouve au cœur de cette guerre des gangs ce même personnage d’innocente prostituée venant exacerber les tensions tout en apportant une petite touche de romantisme, un rien trash, à l’ensemble. Autre évident parallèle entre les deux films : l’étrangeté de son ton, entre burlesque, absurde et parodie, associée à une prédilection pour les clichés propres au film noir et les personnages plus grands que nature.
Tout cela était donc plutôt alléchant. Pourtant la mayonnaise ne prend pas. Principalement parce que Robert Dillon échoue dans sa louable tentative de pousser à l’extrême la recette de Carnage . C'est en effet là que se situe la grande différence entre les deux films. Les ingrédients sont les mêmes, mais assaisonnés jusqu’à la perte de goût dans le film de John Frankenheimer. Carnage ancrait ses personnages dans un univers rural réaliste, s’autorisant seulement ici et là quelques petites virées dans le grotesque et la démesure. Situé en milieu exclusivement urbain, Refroidi à 99% plonge ses protagonistes dans une ville fantôme presque irréelle (constituée en fait d’un mélange entre Los Angeles et Seattle), sans nom et, apparemment, sans forces de l’ordre dignes de ce nom (le seul passage du film dans lequel apparaît la police est, de façon ironique, la séquence du rassemblement de l’équipe d’Harry Crown avant l’affrontement final, au milieu d'un impressionnant défilé des forces de police locales). Participant à cette même démarche de radicalisation, les dialogues nagent constamment dans l’abstrait. Avec, malheureusement, pour conséquence, des personnages difficiles voire impossibles à cerner. Enfin, le décalage entre violence froide et comique parodique, qui faisait l’un des attraits principaux de Carnage , est ici exploité avec si peu de recul et de finesse que l’ensemble déconcerte finalement beaucoup plus qu’il ne séduit par son originalité.
Chuck Connors dans le rôle de Claw Zuckerman
Au final, Refroidi à 99% tourne à vide, sur une intrigue dénuée d’enjeu et de véritable tension dramatique. Et le fait que l'ensemble ne soit jamais vraiment drôle – à deux ou trois gags visuels près, essentiellement liés au personnage de "Claw" Zuckerman – n’arrange évidemment pas les choses.
Subsiste néanmoins quelques solides scènes d’action, sans doute inférieures à ce que John Frankenheimer nous livrera par la suite dans ce domaine, mais néanmoins réalisées avec un soin évident et une interprétation qui, à défaut de toujours convaincre, demeure intéressante. Le cinéaste y retrouve en effet, pour la troisième et dernière fois, dix ans après Sept jours en Mai (et sa nomination à l’Oscar du meilleur second rôle pour sa prestation), le toujours truculent Edmond O’Brien ainsi que l’un de ses interprètes de The Iceman cometh , Bradford Dillman , lequel, bien que n’apparaissant seulement qu’au bout d’une heure de film, balaye sans difficulté, dans le registre du cabotinage, les efforts de tous ses partenaires réunis. Quant à la nouvelle venue Ann Turkel (future madame Richard Harris à la ville), malgré l’inconsistance de son rôle, celle-ci récoltera une nomination aux Golden Globes 1975, dans la catégorie meilleure découverte féminine.
Quoi qu’il en soit, la critique, qui ne s’était déjà guère enthousiasmée pour le Carnage de Michael Ritchie , va unanimement détester ce Refroidi à 99% . Et l’oeuvre de John Frankenheimer se plantera royalement au box-office. Au moins connaîtra-t-elle une véritable distribution en salles, à la différence des deux précédents travaux du cinéaste. " Le film fut un échec. Vous le regardez et vous constatez que ce n’est pas une réussite au niveau réalisation. Je n’aurais pas dû m’essayer à ce type de satire. " avouera de son côté John Frankenheimer, qui rencontra en outre quelques problèmes relationnels avec son acteur principal - acteur imposé par la 20th Century Fox - en début de tournage.
Aujourd’hui pourtant, et à l’instar de certains autres échecs cuisants du cinéaste, Refroidi à 99% bénéficie d’une petite réputation de film culte. Certes le temps n’en a pas effacé les nombreuses imperfections. Mais sa singularité, alliée à l’émergence en Amérique, au cours des années 90, d’une certaine forme de cinéma "d’auteur" populaire, nourri à la pop-culture des années 60-70 (et dont le chef de file, Quentin Tarantino , est lui-même un grand admirateur du cinéma de John Frankenheimer), ont fait de ce drôle de polar satirique néo-noir psychédélique, sorte de lointain ancêtre de Pulp Fiction , une presque incontournable curiosité de son temps. Ce qu’ils en ont dit : Stupid, poorly made (…) The pit. Leonard Maltin’s movie and video guide Pénible. 50 ans de cinéma américain Une laborieuse parodie de thriller. Dictionnaire du cinéma, les réalisateurs
Avec Gene Hackman (Doyle); Fernando Rey (Alain Charnier); Bernard Fresson (Barthélémy); Philippe Léotard; Ed Lauter; Charles Millot; Jean-Pierre Castaldi; Cathleen Nesbitt; Samantha Llorens; André Penvern; Reine Prat; Raoul Delfosse; Ham Chau Luong; Jacques Dynam; Makk Eddine; Pierre Collet; Alexandre Fabre; Jean-Pierre Zola; Pluton; Daniel Vérité; Jean-Marc Allègre (Non-crédité); Roland Blanche (Non-crédité); Patrick Bouchitey (Non-crédité); Philippe Brizard (Non-crédité); Paul Mercey (Non-crédité); Hal Needham (Non-crédité); Ambroise Perrin (Non-crédité). Scénario : Alexander Jacobs, Robert Dillon et Laurie Dillon - Photographie : Claude Renoir - Montage : Tom Rolf - Musique : Don Ellis. Durée : 120 mn. Distribué par : 20th Century Fox Barthélémy, le chef de la police anti-drogue de Marseille, voit d’un très mauvais œil débarquer l’inspecteur Doyle dit "Popeye", venu démanteler, avec des méthodes beaucoup plus brutales que les siennes, le réseau de trafiquants de drogue que dirige Alain Chartier, alias Frog One. " C’est un film sur la rage d’un homme, un film sur le thème de l’obsession. " John Frankenheimer
French Connection , premier du nom, avait rapporté à sa sortie en 1971 quelques 41 millions de dollars. Aussi, et bien qu’à cette époque cela ne soit pas encore un réflexe systématique du côté d’Hollywood, l’idée d’une suite va assez rapidement être envisagée dans les couloirs de la Fox. Avec, dès le départ, une décision ferme : quelque soit l’intrigue de ce second opus, celle-ci devra impérativement se dérouler intégralement en France. Le moment venu de dénicher un réalisateur susceptible de succéder à William Friedkin, on pense tout d'abord au français Jacques Deray . Celui-ci avait en effet signé en 1972 une série noire particulièrement réussie, Un Homme est mort , interprétée en autre par Jean-Louis Trintignant , Ann-Margret et Roy Scheider et entièrement tournée en extérieurs du côté de Los Angeles. Et la Fox, comme l’ensemble de la critique, avait été particulièrement séduite par ce joli coup d’essai outre-Atlantique. Mais le réalisateur de La Piscine va décliner l’offre, préférant plutôt s’atteler à la suite de son Borsalino , film qui lui avait valu le plus gros succès commercial de sa carrière quatre ans plus tôt.
Le projet French Connection 2 finira donc entre les mains de John Frankenheimer . Au départ réticent, celui-ci change aussitôt d’avis lorsqu’il apprend que le film sera tourné exclusivement sur le sol français. Cette proposition ne pouvait en effet mieux tomber pour le cinéaste, qui cherchait à cette époque un sujet à réaliser en France, son pays d’adoption depuis la fin des années 60. Enfin, à cette première motivation va venir s’ajouter celle de collaborer pour la seconde fois avec celui qu’il considère comme "l’un des meilleurs acteurs au monde" : Gene Hackman .
Reste à trouver une histoire. Pour cela, John Frankenheimer va fort judicieusement faire appel au scénariste de son précédent film, Robert Dillon , afin de créer la base de ce qui deviendra le scénario de French Connection 2, à savoir une intrigue fondée sur le concept du "poisson hors de l’eau" (thématique sur laquelle s’appuyait déjà le scénario du Carnage de Michael Ritchie , écrit par Robert Dillon , avec son gangster des villes balancé en pleine campagne), l’analyse, au final d’une rare acuité, de la quasi-impossible intégration d’un homme rustre et obtus ("Doyle n’est pas un personnage très sympathique" dira d’ailleurs de lui le cinéaste) à une culture complexe et différente de la sienne. Ce premier jet sera ensuite retravaillé par l’anglais Alexander Jacobs ( Police puissance 7 , autre modèle du polar urbain des années 70). Avant que, finalement, Pete Hamill ne réécrive, sans toutefois être crédité au générique, la plupart des dialogues destinés au personnage de Doyle dont ceux de la mémorable scène de "désintox" du film, d’une fulgurante véracité à l’écran (il s’agit d’ailleurs là de la séquence préférée du réalisateur dans le film). Une valse de scénaristes en partie due aux nombreuses modifications que subira le script pendant le tournage, l’une des plus importantes étant certainement celle d’abandonner l’idée de la poursuite automobile finale dans les rues de Marseille au bénéfice d’une course à pieds entre Doyle et Charnier.
Frankenheimer et Hackman sur le tournage
Le style du film devra, lui, rester fidèle à l’approche quasi-documentaire du premier opus. Aussi John Frankenheimer privilégiera les plans tournés à l’épaule, ainsi que les scènes d’extérieurs semi improvisées, en caméra cachée, saisissant sur le vif la population d’une citée marseillaise grouillante et inquiétante, formidablement exploitée. Censé s’étaler sur 55 jours, le tournage n’en prendra que 40. " John avait quelque chose à prouver sur ce film et Gene Hackman n’était guère heureux (en France). Il voulait rentrer chez lui " commentera Robert L. Rosen afin d’expliquer cette rapidité d’exécution. Après avoir bouclé toutes les scènes d’extérieurs au cœur de la cité phocéenne, l’équipe va se diriger sur Paris. Là seront réalisés l’essentiel des intérieurs du film. Et, à cet égard, on retiendra le superbe travail du décorateur Jacques Saulnier (collaborateur attitré d’Henri Verneuil et Alain Resnais), que John Frankenheimer ne cesse d’ailleurs de louer dans le commentaire audio du film qu’il réalisera 25 ans plus tard, à l’occasion de sa sortie en DVD.
Seul regret pour le cinéaste, au final, concernant ce French Connection 2 : les huit minutes de film, consacrées essentiellement à une rencontre entre Doyle et une jeune française, qui seront coupées par Fox sans même que le cinéaste en soit informé. La raison de cette coupe sauvage ? Peut-être faut-il la trouver dans le rythme particulier que John Frankenheimer impose à son histoire, combinaison de longs passages statiques (traduisant brillamment l’état d’impuissance dans lequel se trouve Doyle durant plus des trois-quarts du film) et d’accélérations brutales. Ce qui dû, on l’imagine assez bien, surprendre désagréablement le studio américain, l’incitant à tenter de raccourcir le film le plus possible (une séquence postérieure au meurtre de Charnier fut également éliminée du montage final, mais cette fois avec l’accord du réalisateur).
Quoi qu’il en soit, dépassant largement son statut initial de simple suite de film à succès, French Connection 2 constitue certainement, avec I walk the Line , la plus belle réussite de John Frankenheimer sur la période 70-79. Rétrospectivement, l’ensemble fait en outre figure de film pivot au sein de sa carrière, rappelant dans les thèmes abordés (la part d’ombre de l’esprit humain, semblant toujours au bord de la folie obsessionnelle, les rapports oppressifs qui lient l’individu à son environnement – avec ici le portrait d’un homme d’action que l’absence de repères culturels condamne à l’inertie), la plupart de ses travaux de la décennie précédente, tout en annonçant en même temps, dans la forme, à travers l’énergie hargneuse de sa réalisation, l’esprit rebelle qui animera tous ses films majeurs à venir.
Est-ce directement lié au changement de ton observé ici ? Mais French Connection 2 correspond au début d’une nouvelle association importante pour John Frankenheimer. En effet, les dix années écoulées avaient été marquées par sa collaboration quasi-exclusive avec le producteur Edward Lewis . Les 15 années qui vont suivre verront se développer une relation artistique toute aussi importante et fructueuse entre le cinéaste et le producteur Robert L. Rosen . Se remémorant cette collaboration naissante, le producteur avouera avoir pourtant passé de difficiles premières semaines au contact du réalisateur. "J’avais été projeté sur le film contre la volonté du réalisateur" expliquera-t-il plus tard. Les deux hommes se seraient alors affrontés sur des décisions aussi cruciales que le choix du directeur de la photo ( Robert L. Rosen ne souhaitait apparemment pas employer Claude Renoir ), avant que ne se bâtisse progressivement entre eux une solide amitié.
Sorti en Amérique le 21 mai 1975, le film recevra un accueil globalement mitigé. La critique, se limitant bien souvent à simplement le comparer à l’œuvre de William Friedkin , se trouvera divisée, une grande partie de celle-ci estimant toutefois ce second opus inférieur à son modèle. Pourtant, une fois encore, le temps va jouer en faveur du travail de John Frankenheimer. Réhabilité au fil des ans, French Connection 2 suscite aujourd’hui un respect au moins égal à celui dont a toujours bénéficié son modèle. Enfin, avec 12 millions de dollars de recette au box-office américain (pour un budget de moins de 3 millions), French Connection 2 sera considéré en son temps comme un succès honorable, le premier de John Frankenheimer depuis Grand Prix , en 1966.
Ce qu’ils en ont dit : Enjoyable opening and riveting chase finale. Leonard Maltin’s movie and video guide Sans doute le meilleur film de Frankenheimer depuis I walk the line (…) Méditation ruminante sur le "choc culturel" 50 ans de cinéma américain Inférieur au premier. Dictionnaire du cinéma, les réalisateurs A SUIVRE
Samedi 3 Décembre 2005
Emmanuel Verlet
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