GOZU (Gokudô kyôfu dai-gekijô : Gozu) de Takashi Miike / 2003
Scénario de Sakeshi Sâto Principaux interprètes : Hideki Sone .... Minami Sho Aikawa .... Ozaki (Shô Aikawa) Kimika Yoshino .... Ozaki femelle Shohei Hino .... Nose (Shôhei Hino) Keiko Tomita .... Aubergiste Harumi Sone .... Frère de l'aubergiste Renji Ishibashi .... Patron yakuza Un parcours initiatique vécu au travers de la rencontre des genres
21ème réalisation pour le cinéma de Takashi Miike (qui compte 57 réalisations depuis 1991), Gozu marque bien le style d'un réalisateur qui est, à n'en pas douter, ce qui se fait de plus étonnant dans le monde du cinéma depuis quelques années. Œuvre surprenante, envoûtante et décomplexée, Gozu est à l'image de ce que Miike imprime à nos rétines depuis un certain temps avec une persévérance admirable, un tourbillon d'images fortes et de symboles fondamentaux, évoquant l'humain dans sa folie et son combat, ou sa chute dans celle-ci.
Le cinéma moderne baignant dans l'indigence thématique, on ne compte plus les argumentations prolixes concernant des symboliques fictives ou simplement référentielles. Ici, les symboles sont forts et s'incarnent dans des images dont l'ésotérisme n'est que le résultat de nombreuses années de formatage intellectuel reposant sur le distingo film intello/film de genre, qui met à dos deux communautés qui ont pourtant en commun d'aimer les images avec ferveur.
De ce fait, Gozu peut apparaître comme un film déjanté et bizarre à l'instar d'un Ichi the Killer qui reste une pièce violente et intrigante, carte de visite rêvée par de nombreux réalisateurs. Il est difficile de croire que le réalisateur de Gozu puisse être cette star du V-cinéma (qui est un système de production "direct to video" au Japon pour le moins populaire et axé sur l'action) mais face à autant d'imagination, d'humour, de violence et de talent on est prêt à croire à tout.
Réunion de yakuzas qui va s'avérer surprenante...
Gozu commence comme un film de yakuza, une réunion avec un chef de clan a lieu dans un café, un des leurs, Ozaki, semble en proie à certaines inquiétudes : selon lui le petit chien qui est devant l'établissement serait un chien anti-yakuza… Si ce chien est une menace pour les yakuzas, quoi de plus logique que de l'éliminer, de s'emparer de lui et de le projetter contre les murs avec une violence non contenue, sous le regard interloqué du propriétaire et des membres de son gang.
Ozaki s'empare du chien anti-yakuza … et le projette contre la vitre du restaurant
L'incident passé, son partenaire, Minami, va être chargé d'éliminer ce yakuza paranoïaque (qui détecte aussi des véhicules anti-yakuza…) devenu gênant. Une fois le sale boulot fait (involontairement soit dit en passant), il se rendra dans un restaurant pour boire un café et reprendre ses esprits, le café est tenu par des travestis et occupé par un unique client dont la seule préoccupation semble être de monologuer sur des conditions climatiques très changeantes. Après s'être isolé pour vomir le flan salé offert par la maison, notre héros va découvrir que le cadavre de son collègue, qu'il avait fort inopportunément laissé sur le siège passager de sa décapotable, a disparu, il va dès lors se mettre à sa recherche.
Sa quête va vite sombrer dans le trivial, tous les personnages qu'il va rencontrer présentent en effet un certain décalage avec la réalité, les tenanciers de la pension où il va dormir, les habitués du bar, le propriétaire de la casse ne se comportent pas tels qu'une recherche efficace de cadavre le suppose. Ils lui proposeront tour à tour de devenir leur ami, de téter leur sein, de se prêter à une séance de spiritisme SM, nieront l'avoir jamais vu et lui cacheront des informations cruciales pour sa quête.
Un parcours fait de rencontres
S'il apparaît au premier abord comme ésotérique, onirique et décalé, Gozu est en fait un voyage fabuleux, un film initiatique décrivant le cheminement du personnage sur le parcours qu'est la vie d'un homme. Bien sûr ce parcours est accéléré au même titre que l'accouchement de la fin du film, c'est une vie résumée en quelques jours. La grande force de ce film est de transformer l'anecdotique, le trivial en les étapes principales d'une vie d'homme. Car il s'agit bien du parcours d'un homme, pas de celui qui fume le cigare, tombe les filles comme moi les bières et n'utilise pour tout anesthésique qu'une bouteille de whisky lorsqu'il se fait recoudre une plaie. L'homme, le vrai, mesdemoiselles, celui qui épouse son identité virile avec appréhension et amour, celui qui avant tout fils de sa mère va devoir quitter l'univers des femmes et le retrouver sans rancœur pour devenir un homme. Gozu va donc nous entraîner sur le chemin de ce yakuza qui en cherchant le cadavre de celui qu'il devait tuer va découvrir tout autre chose.
Film initiatique donc mais sous une forme suggérée, sous-entendue, intimiste et parfois onirique, Miike n'est pas sans évoquer David Lynch , mais un Lynch survolté. Le contraste est fort avec le début du film qui entendait mettre en scène des yakuzas. L'ensemble cède souvent cependant à la légèreté car l'humour est assez largement utilisé et peut être très graveleux comme pour rappeler à l'ordre ceux qui s'ennuieraient (j'en veux pour preuve le chef de gang qui ne peut arriver à l'orgasme qu'en s'enfonçant une louche dans l'anus et possède donc une collection de louches de différentes formes et dimensions, adaptées à l'importance de son désir).
La collection de louches ... et leur usage...
Cette utilisation de l'humour est assez déconcertante car il n'est pas ici, comme le veut la tradition des films plus conformes et formatés, limité à certains espaces destinés à alléger ou à ralentir le ton du métrage. Bien au contraire, la détente inhérente à chaque gag est destinée à faciliter la digestion des scènes suivantes qui s'annoncent. Ainsi le "plop" clôturant l'hallucinant accouchement de la fin du film permet-il de mieux "digérer" le ménage à trois qui va s'instaurer entre les 3 protagonistes. Cette technique donne un peu l'impression que le réalisateur sabote l'intensité de certaines scènes par un humour parfois primaire, il s'agit en fait d'un souci d'efficacité mais aussi de réalisme car la vie elle-même nous montre que le drame et la trivialité ne s'excluent pas toujours.
L'humour est d'ailleurs omniprésent dans l'œuvre de Miike , celui-ci se confondant souvent avec le récit, provenant plus du grotesque de la violence que d'une représentation de celle-ci qui serait destinée à faire rire. Parfois l'humour sera totalement et volontairement absurde, comme lors de cette séquence où une commerçante d'origine américaine lit la totalité de son texte sur des feuilles fixées au mur. Ce gag qui survient après nombre de propos xénophobes consistant à dire qu'une américaine ne devrait pas vendre de riz au Japon, semble les justifier et en même temps les caricature, leur fait perdre toute substance.
Les différents domaines où Miike a pu exercer son art, le V-cinéma en particulier, ne sont pas étrangers à ce souci de mêler profondeur et efficacité visuelle, se plaçant ainsi à la fois en marge du cinéma d'auteur étouffé par un souci constant d'ésotérisme, et du cinéma de genre qui se caractérise hélas trop souvent par un souci principal d'efficacité référentielle. En effet, le film étonne par sa réalisation peu conventionnelle, alternant des plans-séquences ou très statiques (qui participent de beaucoup à la lourdeur de l'ambiance du film et aux longueurs que la critique n'a pas manqué de lui reprocher) et des plans très dynamiques, presque ludiques, qui dénotent autant que les gags glissés dans un film au propos fondamental. Cette audace mêlée à cette volonté de distraire aident à mieux accepter cette narration où l'on peut et où l'on doit s'attendre à tout. Tout, c'est d'ailleurs ce qui nous attend dans ce métrage qui aborde successivement la différenciation masculine, le meurtre du père, la découverte de la sexualité, l'amitié.
La différenciation masculine / le refus de la mère
" La différenciation du mâle est commandée par une donnée naturelle, universelle et nécessaire : son lieu de naissance maternel. Cette particularité du garçon d'être nourri physiquement et psychiquement par une personne du sexe opposé détermine son destin de façon plus complexe et dramatique que celui de la fille…Dans ce schéma, l'enfant mâle est successivement tout et son contraire. Féminin d'origine, il est sommé d'abandonner sa première patrie pour en adopter une autre qui lui est opposée, voire ennemie. Cet arrachement qui lui est imposé, est aussi vivement désiré… " ( E. Badinter – XY)
Contrairement à la femme, l'homme se développe pendant la vie intra-utérine dans le corps d'un individu de sexe opposé. Pour accéder à la virilité surévaluée et grossièrement appréhendée par ses semblables, le jeune garçon va devoir lutter contre l'amour prodigué par sa mère, lutter contre cet Eden destructeur pour son affirmation sexuelle (ne dit-on pas des mères trop protectrices qu'elles sont castratrices ?). A cette étape, je sens confusément poindre l'incompréhension chez le (patient) lecteur : mais quel est le rapport avec Gozu ?
En fait, il est clair : le héro dont la famille ne nous est à aucun moment révélée, n'a pour entourage connu que son gang, sa famille à lui pourrait-on dire. Cet environnement masculin est le seul entourage que nous lui connaissons ; pas de famille ou d'amis n'interviennent en dehors de ce milieu dont on imagine aisément ce qu'il peut avoir d'exclusif (le scoop est de taille : il est difficile de développer une vie de famille quand on est yakuza…). A partir du moment où son collègue disparaît, sa solitude va devenir oppressante (ce sentiment est renforcé par l'étrangeté des rencontres qu'il va faire) et son premier véritable refuge, son point de repère, va devenir la petite pension familiale tenue par une dame aux manières bien étranges.
Le lait : piège de l'enfance perpétuelle
Cette pension va devenir un cocon certes lugubre mais destiné à couver Minami qui se retrouve dans la posture d'un enfant (un des tenanciers va même tenter de le nourrir comme un bébé en lui tenant son couvert). Ce frère et sa sœur quelques peu incestueux, dont l'établissement propose des prestations un peu spéciales, sont le principal écueil de sa quête, la sœur particulièrement, elle qui par son âge pourrait être sa mère. Celle-ci va en effet entrer dans la salle de bain pendant que notre héro fait sa toilette pour lui indiquer combien ses seins sont gros et qu'ils contiennent du lait (le symbole de maternité est on ne peut plus clair). Son attitude n'est pas seulement celle de la mère car elle est teintée d'une ambiguïté sexuelle non négligeable. Minami réagit d'ailleurs de façon très pudique et son embarras est total, loin de goûter au côté comique de la chose, cette entrée dans la salle de bain est vécue comme une intrusion, une agression.
Intrusion dans la salle de bain
Le refus du yakuza de téter le sein de la mère et de s'offrir à une inconnue est un bel exemple de la prohibition de l'inceste si caractéristique de l'espèce humaine. Car si le petit homme encore enfant doit être enlevé à la promiscuité de la mère, c'est bien pour éviter cet écueil où le développement précoce de la sexualité pourrait conduire à une confusion entre la mère et la compagne. Dans la plupart des civilisations et de manière plus marquée, plus rituelle dans certaines peuplades, l'enfant est enlevé à la mère dans ce dessein. Notre yakuza a peut-être fait l'objet d'une intronisation très précoce dans son gang, nous n'en savons rien, toujours est-il que son travail va lui donner l'occasion de symboliquement revivre ces étapes.
La pension constitue à n'en pas douter l'incarnation du cocon familial, il est question de "sa chambre", un des tenanciers va tenter de le faire manger comme un bébé, il est sur-nourri comme le sont les enfants qui rendent visite à leur mère ; autant d'allusions à la couvade dans cette pension où le lait maternel coule du plafond.
Le lait maternel, symbolique et activité lucrative …
Les rites permettant de devenir adulte sont dans nombre de microcosmes sociaux très violents, ici la séance de spiritisme que vont proposer la tenancière et son frère va dégénérer dans ce sens de façon symbolique. Le frère est sensé être medium et à même de renseigner Minami sur la localisation de son collègue. Pour "stimuler" ses capacités, notre medium va être frappé à coups de cravache par sa sœur, qui va déclarer qu'il importe peu qu'il soit réellement medium, ce service étant dû par la pension (l'humour est ici international et introspectif, les Japonais étant réputés pour leur dévouement dans l'exercice de leur profession). Lors de cette séance, lorsque les coups atteignent leur apogée, le medium produira malgré lui des pleurs de nourrisson, évoquant la fuite forcée de l'enfant dans l'homme. Cette séance n'est d'ailleurs pas sans rappeler les rituels parfois violents de certaines peuplades où l'on ne peut devenir un homme que par la souffrance, par la violence de l'abandon. Les rites d'initiation
Une bien curieuse séance de spiritisme
Confrontation avec le père symbolique
Le fait est que les rencontres et expériences vécues en l'espace de quelques jours sont un condensé des expériences d'une vie. A commencer par le père, le père est ici symbolisé par le chef du clan de yakuza, la symbolique est assez classique, ses hommes ayant pour lui une crainte révérentielle teintée d'une volonté de concurrence (Ozaki avait lui-même envisagé de le tuer avant de disparaître). Ce père est un obstacle pour Minami en tant qu'individu, de la même manière que les animaux dans la nature, son autorité est contestée surtout lorsqu'il envisage de copuler avec Ozaki devenu femme. L'allusion est double : la lutte animale pour la femelle et cette nécessité de "tuer" le père qui devient alors un signifiant qui manque, une absence qui succède pour l'enfant (Minami) à la présence de la mère et lui indique qu'il n'est pas l'objet du désir de la mère. Ainsi l'absence devenue le signifiant du désir de la mère laisse l'enfant en proie à l'incompréhension, incompréhension qui le poussera à chercher le désir ailleurs.
La femme convoitée par le père (le chef des yakuzas) sera arrachée aux griffes de celui-ci et sa mort, réelle ici, symbolique dans le parcours de Minami, est inéluctable. " L'enfant peut alors mobiliser son désir comme désir de sujet vers des objets substitutifs à l'objet perdu " ( J.DOR : "Introduction à la lecture de Lacan")
Représentation du bonheur
Ce paternalisme violent, cohercitif qu'incarne le chef de clan s'oppose à celui plus amical, plus mesuré, plus généreux d'Ozaki. Ceci nous montre que le père aussi fait face à une quête, un défi (manqué par excès d'autorité dans la cas du chef de clan) face aux enfants qui doivent le remplacer (le tuer symboliquement) et que plus qu'un combat, la paternité ne peut être finie, parfaite que dans la coopération, dans la symbiose. Cette osmose est celle des derniers plans du film qui montrent les trois brosses à dent dans la salle de bain et le trio heureux plus familial qu'incestueux se promener gaiement.
Cette sexualité ne va pas s'imposer à lui mais comme dans la vie se présenter à lui, il n'aura plus qu'à s'en emparer, pour cela il va incarner l'homme violent, belliqueux imposant la force virile aux menaces sur sa femelle. Ainsi, le routier qui va embarquer sa promise dans son camion en vue de la trousser sans autre forme de séduction subira avec force coups de pied le châtiment réservé au mâle moins fort qui défie un de ses homologues sur son territoire. L'amitié et la sexualité sont ici reliées, Ozaki est son ami (le seul ?) et son confident, celui qui l'incite à profiter pleinement de sa sexualité après son opération, celui qui lui donne des conseils sur les femmes.
Le trouble de la sexualité avec le passage à sa réalisation...
Classiquement, par l'amitié un pan de la sexualité est révélé, mais ce qui ici fascine c'est le double rôle masculin\féminin endossé par Ozaki qui prodigue des conseils à son ami qui les appliquera… sur celui-ci (pour une fois, les conseilleurs seront bien les payeurs !) devenu femme. Cette femme (Sakiko) deviendra un être à part entière après l'achèvement de la quête de Minami, cette existence s'impose à nous dans la salle de bain, les trois brosses à dent indiquent on ne peut plus rationnellement la présence de trois êtres distincts, d'une famille. L'ambiguïté n'est pas absente de cette succession de courts plans qui peuvent être interprétés comme suggérant un véritable ménage à trois, mais c'est bien de cette ambiguïté que procède la réalisation d'un homme, de cette conscience des dangers que l'enfant doit apprivoiser sans pouvoir les faire disparaitre. La boucle est ainsi bouclée …
Une bien étrange naissance...
Pour tout conscient qu'il soit des étapes de notre vie, Miike n'oublie pas la place qu'elle réserve à l'insouciance, à l'amitié, à l'épanouissement qui ne peut que jaillir de cet accomplissement (des épreuves de la vie et de nous-même), ce bien-être est illustré par cette très courte séquence de joie naïve et caricaturale qui s'empare du trio final.
La réapparition la plus ésotérique d'Ozaki
Mais il est aussi la réincarnation provisoire, cette femme qui "déniaisera" Minami, il est enfin le fruit des accomplissements de celui-ci lorsqu'il renaît, donnant ainsi en quittant le corps de la femme une autonomie à la sexualité de Minami. Cette promiscuité sexuelle n'est pas sans rappeler l'homosexualité latente de toute amitié masculine, cette pudeur exagérée qui caractérise les hommes dans leurs relations affectives et qui est ici transcendée par un travestissement incroyable d'Ozaki (vache, femme et même … mort).
L'amitié dans Gozu
Par cette présence dans les moments importants, par l'influence qu'il exerce sur le cours de la vie de Minami, Ozaki est un véritable guide spirituel et dépasse l'habituelle familiarité sociale teintée d'affection à laquelle l'amitié ressemble plus souvent ; en ce sens Gozu est aussi une ode à l'amitié, amitié qui demeure le dernier recours des êtres en proie au désarroi et le premier témoin des victoires sur la vie.
Cette quête qui commence par le message "Boys be ambisious" (dont on a du mal à comprendre l'orthographe…) est, on l'a vu, celle des garçons qui par leur audace et leur persévérance doivent devenir des hommes. Cette maturité désirée et recherchée est aussi celle du réalisateur, Takashi Miike , dont la filmographie est autant un but qu'un moyen, le nombre déjà conséquent de ses films tend à le prouver, Miike cherche, se cherche et présente de multiples facettes.
Ici il délaisse quelque peu celle du gosse obscène, fantaisiste et irrévérencieux de Fudoh ou d'Ichi the Killer , pour celle plus complexe et torturée de l'homme dont la quête sans fin (en effet quel réalisateur peut se targuer d'avoir une œuvre achevée) le pousse à expérimenter sans cesse, à repousser les limites au prix de la critique la plus virulente ; le public s'il n'est pas unanime ne reste jamais indifférent face à ce metteur en scène hors du commun qui a pris le parti de toujours nous surprendre, de ne pas nous laisser reposer sur les suffisances plébiscitées d'un certain cinéma moderne mais bel et bien de nous secouer, de nous asséner des gifles qui nous rappellent que seule la mort met fin à cette recherche, à ces expérimentations ; et que la vie, notre vie, mérite mieux que ces mornes casiers où se rangent la fantaisie et le conformisme et dans lesquels on fouille inégalement selon notre humeur ; Miike , lui, a depuis longtemps foutu tous ces tiroirs en l'air et nous explique ici pourquoi.
Samedi 30 Avril 2005
Stéphane Lapeyre
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