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MANIPULATION ET PROPAGANDE
DE LA MANIPULATION ET PROPAGANDE AU CINEMA
Le cinéma étant lui-même un instrument de manipulation des plus efficaces lorsqu'utilisé à cet effet, il est dès lors fort logique et naturel que cet art nous propose de nombreuses oeuvres traitant de ce sujet crucial quant à l’évolution des sociétés humaines. Nous tenterons donc dans ce dossier de parler non pas du cinéma qui manipule son spectateur (Rosemary’s Baby de Roman Polanski où jamais aucune preuve n’est donnée tandis que le spectateur n’a aucun doute quant au fait que ce qu’il a vu est réel ; ou plus récemment une oeuvre comme Usual Suspects de Bryan Singer où le spectateur et sa manipulation sont le coeur du film), mais d’un personnage central ou d’un groupe de personnages manipulés par d’autres (voire par eux-mêmes dans le cas d'un personnage mentalement malade ou livré a son inconscient dans certaines d’oeuvres ambiguës).
Cette manipulation se fait à des fins politiques, mercantiles ou en va de la préservation de la santé mentale mais quel que soit le cas, le but final est toujours d’exercer un pouvoir et un contrôle sur des personnes soumises à diverses techniques de manipulation.
Lorsque l’on se penche un peu sur l’histoire des manipulations à grande échelle, bien sur l’histoire des divers cultes, religions et sectes ou des croyances en général vient à l’esprit en premier lieu. Ces croyances sont généralement équipées d’une branche dogmatique et propagandiste qui se charge de propager la croyance en question et malheureusement dans la plupart des cas, également à des fins de pouvoir sur les croyants et la masse en général. Cette volonté d’évangéliser son prochain et de le forcer à reconnaître que telle "école" détient la vérité puis, une fois la conversion effectuée, de jouer sur la peur d’une colère divine pour contrôler leurs ouailles menant ainsi à édicter des règles de comportement qui doivent être respectées, sous peine de représailles divines, caractérise presque l’intégralité des dogmes ou doctrines que nos sociétés ont vu défiler. Signe des temps modernes, depuis le début du 20ème siècle, le sacré n’est plus seul à faire usage de ces techniques et ainsi les grandes entreprises industrielles du début du siècle, suivies par les gouvernements, les partis politiques et les grandes multinationales vont toutes faire appel aux techniques de Psychanalyse développées par b[Sigmund Freud]b pour radicalement changer nos sociétés modernes. Au final, le but non avoué de toutes ces techniques est de faire passer la soumission et l’obédience, physiquement ou mentalement forcée des esclaves ou bigots soumis des temps passés, aux citoyens en apparence libres de leurs choix en s’adressant directement à leur inconscient, en leur faisant perversement penser que tout est fait dans leur intérêt.
L’artisan principal de ce changement radical de la façon d’envisager le contrôle des masses (pour quelque produit, idéologie ou croyance que ce soit) n’est autre que le neveu de Sigmund Freud, j’ai nommé le dangereusement inconnu (du grand public du moins) Edward Bernays. S’inspirant des techniques de son oncle et profitant d’une absence presque totale d’empathie ou de conscience sociale ou morale, il mis au point à l’intention de grandes compagnies américaines produisant en masse ce que l’on appelle maintenant les "relations publiques", que lui-même nommait la Propagande. Propagande, mot tristement célèbre tant les communistes et les Nazis ont respectivement su en faire un usage d’un glaçante efficacité. Pourtant son origine est bel et bien mercantile, bien plus innocente que son utilisation à des fins d’endoctrinement politique mais tout-de-même ayant pour but principal de faire consommer davantage aux acheteurs potentiels. Bernays fut plus que personne l’homme de l’ombre du développement démentiel du capitalisme que nous connaissons actuellement, lui qui eut l’idée géniale de créer le désir chez l’acheteur potentiel en donnant une résonance sociale à un objet de consommation courante, une résonance qui touche une corde essentielle de la cible. Il est l’homme qui a fait fumer les femmes à la demande de la American Tobacco Company qui se plaignait de ne pas atteindre la moitié de sa clientèle potentielle, après une symbolisation phallique de la cigarette qui permettait à la fois aux femmes de contester l’autorité masculine en fumant, mais aussi possédant ainsi par extension leur propre pénis selon les dires de la psychanalyse récente, et le moins que l'on puisse dire est que son stratagème fonctionna.
Il perfectionnera ensuite son système en créant dans l’esprit du consommateur d’abord le désir d’un objet ou d’un service puis en proposant l’objet nécessaire à assouvir ce faux besoin, ce besoin imposé et créé suivant la volonté même du consommateur. En transformant les "simples clients" en consommateurs effrénés réclamant sans cesse de nouveaux produits pour assouvir les besoins artificiellement créés en eux par la réclame, il élargira ses théories de contrôle des masses à la politique (Bernays sera le premier à envenimer drastiquement la peur du nucléaire et des communistes en créant de toutes pièces le soi-disant danger d’un Guatemala communiste et nucléaire tandis que le pays ne faisait que se defendre contre sa pure et simple exploitation, avec le support de l’état fédéral, par une grande compagnie bananière américaine) mais également aux grandes compagnies qui ne sont désormais plus représentatives d’un produit mais au contraire d’une marque à laquelle peuvent être associés divers produits ou services correspondant à l’image de marque que son nom véhicule. Si Bernays n’était essentiellement que très mercantile et curieux de pouvoir expérimenter à grande échelle avec autant de facilité, d’autres personnes feront un usage beaucoup plus direct et fracassant de ses théories et techniques. Bien entendu la propagande militaire ou politique va causer des ravages d’autant plus considérables qu’elle va être utilisée pour sa nature de système faussement libertaire qui colle parfaitement au fonctionnement des grandes dictatures politiques et principalement à leur mise en place (comment expliquer l’arrivée au pouvoir et la progression spectaculaire du parti Nazi alors que celui-ci n’a jamais caché sa haine généralisée ?).
Bernays n’est clairement pas le seul à avoir pratiqué l’art de la manipulation des foules en usant de la psychanalyse mais, même si certains de ses adversaires prêchaient des vues inverses (à savoir que non, l’homme n’est pas pétri de désirs animaux dangereux qu'il faudrait contrôler et réprimer en les soumettant à un ordre social à travers la propagande positive, mais au contraire que la société est mauvaise et réprime les instincts naturels de l’homme qu’elle devrait en réalité libérer), le résultat auquel ses adversaires sont arrivés par des chemins opposés est exactement le même, à savoir une société totalement mercantile soumise au contrôle général de ses grandes industries et compagnies mais égalementde ses politiques.
Il ne faut pas non plus oublier la soeur de Sigmund Freud, Anna Freud qui connut une influence aussi importante que son neveu sur les cercles du pouvoir, des hommes politiques aux stars d’Hollywood, sans jamais vraiment mesurer les conséquences de ses expériences sur des cobayes humains. Paradoxalement, il semble absurde et surréaliste qu’une femme toujours proclamée vierge fut la grande prêtresse de l’application pratique de la psychanalyse à des fins de monde meilleur, alors même que cette doctrine se base sur les instincts sexuels des personnes analysées. Des opposants de la psychanalyse comme de ses plus fervents fidèles découleront un nombre incroyable de doctrines et sectes totalement farfelues au plan psychanalytique, ayant souvent pour seul but de satisfaire tous les plus bas instincts et désirs aveugles de leurs gourous et aboutissant dans la plupart des cas à un contrôle presque total de l’individu soumis à divers exercices psychologiques.
Les grandes compagnies et gouvernements se sont donc de façon adaptés aux évolutions des techniques qui ont fait leur succès et bâti leur réputation. Cette fameuse libération des moeurs et de nos désirs profonds, qui est à un moment passé pour une véritable limitation de l’être humain, a finalement fait davantage de mal à la liberté tant convoitée qui n’a jamais été autant bafouée que depuis que nos sociétés sont persuadées à longueur de temps par des publicités, discours et déclarations qui proclament leur indépendance et la totale liberté de ses citoyens. Ce paradoxe est l’un des plus marquants de cette petite histoire cachée de la manipulation et de la propagande car plus l’on donne à l’être humain la sensation d’être libre, plus ce dernier est en fait encadré au plus profond de lui-même tandis que les contraintes sociales et les obligations morales en découlant ont clairement mais subtilement remplacé les dogmes rigides imposés par les diverses religions au moment de leur gloire respective. Le cinéma avec son cortège d’artifices visuels, sonores et de montage est donc l’art qui parait le mieux adapté pour traiter d’un sujet aussi intangible que celui de la manipulation. Ainsi les films traitant de ce thème sont légions car ce trait de caractère qu’est la domination par la manipulation est au coeur même de la nature humaine, comme le prouve son existence depuis de temps immémoriaux ainsi que le fait que cette activité soit à la fois la base et le ciment, voire même les fondations de nos sociétés modernes.
Nous avons donc fait une sélection de diverses oeuvres qui abordent tous genres et types de manipulations comme sujet et non comme esthétique ou principe. Nous allons également suivre une évolution dans différents domaines au sein même des oeuvres ayant pour sujet la manipulation, qui se cale d’ailleurs sur les évolutions des techniques et cibles de propagande de son époque. Ainsi en 1932, la grande peur en Allemagne semble être le crime organisé et dans Le Testament du Dr Mabuse de Fritz Lang, c’est un chef de gang, le Dr Mabuse qui revient d’outre tombe, insaisissable sous sa forme fantomatique, afin de diriger une organisation criminelle diablement efficace du fait de sa quasi indestructibilité. Le Dr Mabuse donne ses instructions machiavéliques à des fins de contrôle total de toute son organisation et de prise en main du pays entier. Nous allons également suivre une évolution dans différents domaines au sein même des oeuvres ayant pour sujet la manipulation, qui se cale d’ailleurs sur les évolutions des techniques et cibles de propagande de son époque.
DAS TESTAMENT DER DR MABUSE de Fritz LANG / 1932En 1932, la grande peur en Allemagne semble être le crime organisé (sans chercher à approfondir, cette peur/menace était pourtant bien réelle). Ainsi, dans Le Testament du Dr Mabuse de Fritz Lang, c’est un chef de gang, le terrifiant Dr Mabuse qui revient d’outre-tombe, insaisissable sous sa forme fantomatique, afin de diriger une organisation criminelle diablement efficace du fait de sa quasi indestructibilité. Le Dr Mabuse donne ses instructions machiavéliques à des fins de contrôle total de son organisation et de prise en main du pays entier. Il ne s'agit pas ici à proprement parler de propagande mais bel et bien de contrôle total de la population par la peur, ce qui valut d'ailleurs au film d'être interdit en Allemagne à l'époque et à Lang de finir par quitter l'Allemagne. La puissance cinématographique et métaphorique de son film était bien plus grande que ne pouvait le supporter les Nazis qui avaient trouvé plus fort qu'eux au "jeu de la propagande". THE MANCHURIAN CANDIDATE de John FRANKENHEIMER / 1962En 1961, après le pic de la guerre froide et la période de terreur civile que généra le maccarthysme et sa "chasse aux sorcières communistes", c’est au tour de John Frankenheimer d’exprimer l’air et les peurs du temps en adaptant le roman éponyme de Joseph Conlon, The Manchurian Candidate. Ainsi, dans cette comédie/satire d’une absurdité et d’une noirceur rares, une coalition de gouvernements communistes a capturé un bataillon de soldats américains durant la guerre de Corée et leur a fait subir un lavage de cerveau de façon à en prendre le contrôle lorsque le besoin s’en fait sentir. Grâce à une technique de programmation, Raymond Shaw est donc un véritable pion innocent de sa qualité de bombe à retardement, qui servira l’agent communiste au sein du gouvernement américain à assassiner le future candidat à la présidence pour le remplacer par un autre pion à leur solde afin de prendre le pouvoir dans le pays. Le thème de la manipulation est ici poussé à son comble avec peut-être le personnage le plus tragique que nous connaissions en la personne du pauvre Raymond Shaw, non seulement opprimé et dirigé par sa mère depuis sa plus tendre enfance mais également contrôlé par les "Mandchouriens" qui en font leur arme secrète. Pour finir, il le sera également par son propre pays qui essaiera de le déprogrammer, sans y parvenir à temps pour sa santé mentale, et notre héros de finir total lessivé ou plutôt comme le dit un des personnages du film, "dry cleaned". Quant au thème de la propagande, il est au coeur même de l'oeuvre puisque comme Le Testament du Dr Mabuse, ce film dénonce un pouvoir politique (ici la chasse aux sorcières de McCarthy, alors s'essouflant) dont le patriotisme revenchard affirmé est ici profondément remis en cause, le tout passant grâce à l'humour et la satire. SECONDS de John FRANKEHEIMER / 1966L’entreprise privée et secrète qui s’en prend à un individu pour des raisons mercantiles est au centre de l’effrayant et traumatisant Seconds de John Frankenheimer qui, en 1966, revient vers cette thématique du contrôle et de la manipulation des individus. On y suit un banquier quincagénère qui s’ennuie profondément dans la vie malgré son succès professionnel et un mariage d’apparence harmonieux, lorsqu’il est contacté par un ami qu’il croyait mort lui proposant les services d’une compagnie qui lui permettrait de changer complètement d’apparence et de vie pour enfin trouver le bonheur. Malgré son nouveau corps de rêve et la vie de peintre à succès qui lui a été organisée, le banquier sera toujours malheureux de vivre jusqu’à ce qu’il perce l’atroce secret de cette compagnie machiavélique. Ici donc point de politique au coeur du film mais bel et bien une dénonciation du pouvoir grandissant des corporations qui n'ont plus aucune limite quant à ce qu'elles arrivent à vendre à leurs clients. Le tout doublé d'une reflexion philosophique terrassante sur l'envie d'être un autre et l'incapacité à assumer sa personnalité réelle. Le tragique est toujours aussi présent à travers un personnage qui devient une autre personne pour s'apercevoir qu'il n'est pas plus heureux comme cela et finit tragiquement en tentant de redevenir lui-même. A CLOCKWORK ORANGE de Stanley KUBRICK / 1971En 1971, avec l’adaptation du roman éponyme de Anthony Burgess, A Clockwork Orange, Stanley Kubrick s’inquiétera lui des dérives gouvernementales dans ses techniques de réhabilitation des jeunes délinquants qui équivalent à de véritables lavages de cerveau inhumains. Kubrick utilisera l'humour et la satire pour dénoncer ses traitements intolérables quel que soit le crime commis. L'état cherchant le contrôle complet de ses citoyens les plus agités ne se soucie donc absolument pas d'éthique ou de moralité et ce sera même un prêtre, qui endoctrina précédemment les prisonniers, qui le fera remarquer au ministre. La question du choix ou du libre arbitre est le dernier souci de l'homme politique en place, prêt à toutes les manipulations pour arriver à ses fins le plus rapidement possible sans aucune considération pour les conséquences. A nouveau, l'humour alternant avec les séquences glaçantes sera l'arme majeure de Kubrick pour faire passer son message. Mais surtout c'est en plaçant le spectateur au coeur même de son dispositif, en y faisant de son "héros" le plus détestable et gratuit des jeunes délinquants et ensuite faisant tout dans sa description des méthodes de l'état pour le "réhabiliter" afin de faire en sorte que le spectateur prenne parti pour Alex, le forçant ainsi à se poser de nombreuses questions essentielles. VIDEODROME de David CRONENBERG / 1983En 1982, David Cronenberg passe à la vitesse supérieure avec Videodrome dans lequel une compagnie multinationale, Spectacular Opticals, se propose de prendre le contrôle de la planète entière en diffusant une émission de TV radicale (meurtres et tortures) contenant un signal qui crée une tumeur dans le cerveau permettant de générer des hallucinations branchées directement sur l’inconscient de ses victimes. Max Renn, gérant d’un petite station de TV trash, Channel 83, va se retrouver cobaye d’un diffusion contrôlée du signal Videodrome et sa réalité va en être totalement refaçonnée au départ par ses fantasmes mais ensuite par Barry Convex, le patron de la Spectacular Opticals qui va le programmer comme un magnétoscope humain à commettre des meurtres comme le fera son ennemi, Bianca O’Blivion, fille de l’inventeur et première victime du signal Videodrome et qui tente de façon bien trouble de combattre les plans de Videodrome/Spectacular Optical. Cronenberg est peut-être celui qui va le plus loin dans la dénonciation. Le pouvoir des multinationales, le pouvoir des médias, la philosophie conquérante se cachant derrière les manipulations, les désirs secrets de chacun et la nature même de la réalité sont au coeur de cette oeuvre unique et géniale. Comme le héros de The Manchurian Candidate, Max Renn est manipulé de toutes parts, est utilisé à diverses fins, programmé, reprogrammé pour finir tragiquement. Les deux films sont d'ailleurs extrèmement proches sur bien des points que nous traiterons dans ce dossier. L'usage des métaphores visuelles les plus frappantes qui soient différencie cependant Cronenberg de ses collègues. 1984 de Michael RADFORD / 1984En 1984, le livre indispensable et génial de George Orwell sera adapté deux fois. De façon très fidèle et rigoureuse avec le film glaçant et âpre de Michael Radford qui colle totalement aux évènements du livre où un état totalitaire réduit ses citoyens à l’état d’information et de capacités physiques. Le contrôle est poussé à son paroxysme au travers d’un surveillance permanente des individus confrontés à des règles dogmatiques antisociales, antilibertaires et inhumaines. La limite ultime est atteinte dans le contrôle du nombre de mots composant la langue officielle, limité à un minimum de façon à empêcher l’association d’idées et la créativité, mais également dans la réécriture du passé de façon à avoir également le contrôle total des pensées mais aussi de l’histoire des citoyens. Michael Radford n'est clairement pas un cinéaste du calibre de ceux cités dans cette introduction mais il s'efforce principalement de respecter les volontés de l'auteur en réalisant un film carré, à la mise en scène discrète cherchant surtout à mettre en avant le propos du livre plus qu'à broder cinématographiquement dessus. Et pourtant, s'il s'agit d'une oeuvre aride visuellement il n'empêche qu'elle s'avère vraiment marquante au plan visuel du fait même de son dépouillement. Une oeuvre absolument glaçante remarquablement fidèle dans le bon sens du terme puisqu'elle ne constitue clairement pas une introduction au livre mais au contraire s'appuie sur de noimbreux éléments de celui-ci pour progresser. BRAZIL de Terry GILLIAM / 1985L’autre adaptation non officielle et s’inspirant davantage de l’esprit et l’univers du livre que de ses péripéties (il devait d’ailleurs s’intituler 1984½) est l’incroyable Brazil de Terry Gilliam. Gilliam y démontre, par une combinaison unique de moments hilarants immédiatement suivis de scènes glaçantes ou effrayantes, l’absurdité et le comique d’une société du contrôle inspirée de celle de 1984. On y suit un bureaucrate, Sam Lowry, se croyant à l’abri dans un emploi lénifiant et en-dessous de ses capacités, résister en rêve à cette oppression puis dans la réalité malheureusement sans espoir tant le contrôle est complet. L'humour absurde des Monty Python, les cauchemars angoissés et glacées de Franz Kafka à propos d'une société totalement livrée à l'aberration administrative, la vision déprimante d'un futur totalitaire poussé à son extrême du 1984 de George Orwell mêlés au sens visuel puissant et délirant comme à la poésie inclassable de Terry Gilliam font de cette oeuvre une ode à la liberté aussi hilarante qu'effrayante. Le contrôle comme la manipulation passant par la suppression du libre arbitre, le contrôle des médias et la propagation de la peur chez les administrés de cette caricature de moins a en moins outrée de nos sociétés modernes, est une oeuvre à étudier en profondeur tant elle se compose de diverses strates de sens. THEY LIVE de John CARPENTER / 1988Puis nous nous interessons au cinema pretendument non politique de John Carpenter qui avec They Live nous offre une metaphore fort efficace des derives totalement mercantiles de l’administration Reaganienne aux Etats-Unis. Son idée est simplissime et l’on suit donc dans ce film un travailleur itinerant qui va decouvrir par hasard des lunettes de soleil qui lui permettent de voir le monde pour ce qu’il est vraiment. Il va decouvrir que des extra-terrestres dominent notre monde et nous abreuvent de messages consuméristes et dogmatiques censés garder la population générale sous contrôle. Et même si Carpenter s'en défend maintenant dans ses interviews, They Live est pourtant bel et bien un pamphlet politique pour la défense des libertés individuelles et contre la toute puissance des puissants et des médias. De façon presque purement visuelle, Carpenter nous fait subir un cauchemar qui n'a malheureusement rien de métaphorique dans nos sociétés et il est à espérer que comme les héros du films nous parviendrons à nous défaire de ce joug mental, de cette propagande commerciale et politique qui nous empoisonne la vie sans même que la plus grande partie d'entre nous ne s'en rende compte. Ensuite...Voici donc une idée de ce que ce dossier traitera comme thèmes et oeuvres dans un premier temps car le sujet est tellement vaste qu'il prendra surement des années à traiter de façon relativement complète. Donc si vous aussi vous êtes passionnés, interpellés ou effrayés par la propagande et la manipulation, n'hésitez pas à venir débattre avec nous et surtout si vous avez déja écrit sur les oeuvres que je mentionne ou que le sujet vous inspire, n'hésitez à venir nous rejoindre et enrichir ce dossier à nos côtés. Vendredi 20 Juin 2008
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